Lundi 5 novembre 2007

Aussitôt après, il obligea les disciples à monter dans la barque et à passer avant lui de l’autre côté, pendant qu’il renverrait la foule. Quand il l’eut renvoyée, il monta sur la montagne, pour prier à l’écart ; et, comme le soir était venu, il était là seul. La barque, déjà au milieu de la mer, était battue par les flots ; car le vent était contraire. A la quatrième veille de la nuit, Jésus alla vers eux, marchant sur la mer. Quand les disciples le virent marcher sur la mer, ils furent troublés, et dirent : C’est un fantôme ! Et, dans leur frayeur, ils poussèrent des cris. Jésus leur dit aussitôt : Rassurez–vous, c’est moi ; n’ayez pas peur ! Pierre lui répondit : Seigneur, si c’est toi, ordonne que j’aille vers toi sur les eaux. Et il dit : Viens ! Pierre sortit de la barque, et marcha sur les eaux, pour aller vers Jésus. Mais, voyant que le vent était fort, il eut peur ; et, comme il commençait à enfoncer, il s’écria : Seigneur, sauve–moi ! Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit, et lui dit : Homme de peu de foi, pourquoi as–tu douté ? Et ils montèrent dans la barque, et le vent cessa. Ceux qui étaient dans la barque vinrent adorer Jésus, et dirent : Tu es véritablement le Fils de Dieu.”

Matthieu 14.22/33

C’était une journée bien chargée pour Jésus. Ce soir même, il avait nourri cinq mille familles avec seulement cinq pains et deux poissons. Après cet exploit, le Seigneur aurait été en droit de revendiquer quelques heures de sommeil et la remise au lendemain de la suite de son programme. Pourtant notre texte nous renseigne sur ses activités immédiates : Pas question d’aller dormir, et nous ne comprenons que mieux le sens de ses paroles :

Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids, mais le Fils de l’homme n’a pas un lieu où il puisse reposer sa tête.

LUC 9.58

Un rassemblement s’achève. Les assistants se séparent, Jésus renvoie la foule et prend le temps de saluer les uns et les autres. Pour ne pas prendre trop de retard, il donne des consignes à ses disciples.

« Ne m’attendez pas, prenez une barque et partez maintenant pour Génésareth, de l’autre côté du lac. Je vous rejoindrai plus tard. Je vous rappelle que nous y sommes attendus demain matin pour une mission de guérison. »

Ainsi, Jésus se sépare de ses apôtres. Il les laisse agir seuls mais ne les oublie pas. Une fois libéré de ses obligations relationnelles. Il se met en chemin, non pour rejoindre directement ses compagnons, mais pour prier à l’écart, sur une montagne, en tête - à - tête avec son Père.

Il fait nuit, et le Seigneur, tout en priant, peut apercevoir de son promontoire les feux des habitations qui dessinent le contour du lac de Tibériade. Il aperçoit aussi, au milieu de l’immensité obscure, un minuscule point de lumière. C’était la barque des disciples.

J’habitais autrefois la Vallée de Montmorency, une vallée sans rivière. Lorsque j’avais terminé ma journée de travail, je ne rentrais pas directement chez moi, mais je montais à Argenteuil, au sommet de la butte d’Orgemont. De la haut, ma vue contemplait toute la vallée et je commençais à prier pour les villes qui s’étendaient à mes pieds : Ermont, Eaubonne, Franconville, Soisy, Sannois, Le Plessis - Bouchard, Saint - Leu …Les collines et montagnes sont de bons lieux pour prier. De même, Jésus intercédait pour ces villes et villages éclairés dans la nuit : Magdala, Capernaüm, Tibériade, Bethsaïda … Il priait aussi pour cette petite barque au milieu de la mer de Galilée, et surtout pour ses occupants craintifs.

C’est la quatrième veille de la nuit, environs trois heures du matin. Le vent se lève, Jésus se met en marche.

La tempête

Sur les flots, la traversés a perdu son caractère de promenade nocturne et romantique. Les vagues frappent de plus en plus rudement la coque, le bateau roule et tangue, il n’est plus possible de s’y tenir debout sans s’accrocher à un cordage. La barque est battue par les flots. Les vents sont contraires.

Je regardais un jour une émission dans laquelle un marin expliquait à des enfants le fonctionnement d’un voilier : En manoeuvrant les voiles, on peut diriger le bateau dans toutes les directions quelle que soit celle du vent. Il existe une seule exception : Si la direction du vent est exactement opposée à celle que doit prendre le navire.

« Que fait -on dans cette situation ? » Demande le marin.

« On attend que le vent ait changé de direction. » Répond un petit garçon.

« C’est une possibilité, » répond le marin, « Mais cela peut demander beaucoup de temps. La meilleure solution est de maintenir le bon cap en naviguant vers bâbord, puis vers tribord. Cela s’appelle louvoyer. »

Louvoyer.

Notre vie n’est - elle pas une suite de louvoiements, souvent pénibles. Les difficultés soufflent sur notre barque comme des vents contraires. La vie tangue à droite, la vie tangue à gauche.

Si notre vie ressemble à une barque fragile, la mer nous rappelle ce monde dans lequel nous vivons : quelquefois tranquille, si souvent agité.

Ce vent qui agite les flots et soulève les vagues n’est - il pas une belle image de nos passions, de notre méchanceté, de notre péché, qui est un refus de connaître Dieu ?

Un grand navire était un jour secoué par une violente tempête. Les passagers avaient été invités à se rassembler sur le pont munis de gilets de sauvetage. Ce n’est pas bon signe. Les voyageurs avaient peur. L’équipage, pourtant aguerri aux danger de la mer, n’en menait pas large non plus. Seule une petite fille continuait à jouer, sans crainte ni soucis.

« Et toi, ma petite, tu n’as pas peur ?

- Nous ne pouvons pas faire naufrage : Le capitaine, c’est mon papa ! »

Avons - nous un capitaine pour diriger le navire de nos vies ? Celui - ci est - il assez habile pour nous garder du naufrage lorsque le vent du péché déchire les voiles et que l’océan du monde se déchaîne ?

Les disciples avaient un capitaine, un maître qui savait comment les tirer de leurs difficultés.

Jésus ne savait certainement pas manœuvrer les cordages et les voiles. Ce n’était pas un marin, mais il savait faire taire le vent s’apaiser les vagues.

Les disciples ont déjà vécu les périls de la navigation. Tous étaient alors effrayés de ce que leur barque était prête à chavirer. Jésus voyageait avec eux, mais il n’avait cure de leur problème : Il dormait. Lisons cette aventure dans l’Evangile de Marc :

Ce même jour, sur le soir, Jésus leur dit : Passons sur l’autre bord. Après avoir renvoyé la foule, ils l’emmenèrent dans la barque où il se trouvait ; il y avait aussi d’autres barques avec lui. Il s’éleva un grand tourbillon, et les flots se jetaient dans la barque, au point qu’elle se remplissait déjà. Et lui, il dormait à la poupe sur le coussin. Ils le réveillèrent, et lui dirent : Maître, ne t’inquiètes–tu pas de ce que nous périssons ? S’étant réveillé, il menaça le vent, et dit à la mer : Silence ! tais–toi ! Et le vent cessa, et il y eut un grand calme. Puis il leur dit : Pourquoi avez–vous si peur ? Comment n’avez–vous point de foi ? Ils furent saisis d’une grande frayeur, et ils se dirent les uns aux autres : Quel est donc celui–ci, à qui obéissent même le vent et la mer ?”

MARC 4.35/41

Comme ils auraient été rassurés si Jésus avait été ici, avec eux ! Il aurait résolu le problème en deux secondes. Mais il était absent.

« Est- ce qu’il pense seulement à nous ? » se disaient certains.

Avez-vous un capitaine pour vous diriger quand votre vie tourne au naufrage ?

Il se peut que vous n’en ayez pas besoin. Ce sont les gens faibles, et pusillanimes, ou bien les simples d’esprit qui ont besoin de s’accrocher à une religion.

« Je suis mon propre capitaine et je manie mon gouvernail comme je veux.

- Et quand tout va mal ?

- Je prends des tranquillisants. »

 

 

Jésus marche sur l’eau

Séjournant en Suisse, durant l’été 1982, je n’ai pas manqué de visiter Lucerne ni de voir le célèbre lac des Quatre - Cantons, cette longue bande d’eau verte encastrée dans les montagnes abruptes. Ce lac renferme une histoire que les suisses connaissent bien : Guillaume Tell était tombé entre les mains de ses ennemis qui devaient le conduire à Lucerne pour être jugé, et probablement pendu. Le lac était le moyen le plus rapide se s’y rendre. Guillaume Tell fut donc mené lié dans une barque. Le vent s’est levé, amplifié par les montagnes. La barque était battue par les flots et allait sombrer. Guillaume Tell était le seul capable de la diriger dans cette situation. Ses convoyeurs prirent le risque de le délier. Il mena le canot vers la rive, sauta sur un rocher et repoussa l’embarcation vers le large.

Et si notre capitaine nous traitait ainsi ?

Vous m’avez méprisé quand la mer était calme, maintenant débrouillez - vous sans moi.

Jésus est loin des yeux, il est proche du cœur.

Il intercède pour ses disciples.

Il intercède pour ses amis.

Il intercède aussi pour ses ennemis.

Il pardonne à ceux qui l’ont crucifié.

Jésus s’approche. Il descend de la montagne.

Jésus s’approche. Il est parvenu à la rive.

Il ne trouve pas de bateau pour rejoindre ses amis. Qu’importe ; Jésus s’approche.

Quel est ce prodige ? Jésus pose son pied sur l’eau. A cet endroit précis, la vague s’apaise. Il pose l’autre pied sur l’eau. Son corps ne s’enfonce pas.

Il s’avance sur la mer. Devant ses pieds, l’eau noire forme une allée. Il s’avance. Il s’avance plus loin.

« Regardez là bas ! » dit Barthélemy

« Qu’est- ce que c’est - que ça ? » s’écrie Jacques.

Le vêtement blanc du Seigneur se détache dans la nuit comme une silhouette aux contours imprécis.

« C’est un fantôme ! » crie Marc d’une voix trémolante.

Tous hurlent de terreur :

« Nous sommes perdus ! Il vient nous emmener dans l’Empire des profondeurs. »

N’ayez pas peur

Jésus entend leur frayeur et s’empresse de calmer leurs craintes.

« Rassurez–vous, c’est moi ; n’ayez pas peur ! »

N’avez-vous pas remarqué quelque chose d’absurde dans ce récit ?

Pour ma part je m’étonne que les disciples de Jésus aient peur des fantômes, d’abord parce que ce sont des disciples de Jésus, mais surtout parce qu’ils sont juifs.

Les juifs ne craignent pas des fantômes. La Torah, leur livre saint, enseigne clairement que les morts vont dans le « Shéol », et qu’ils n’ont aucune possibilité d’en sortir.

En revanche, les romains en avaient une peur bleue. Outre la foultitude de dieux qu’ils devaient servir, il leur fallait honorer les ancêtres. S’ils venaient à négliger leur dévotion domestique, le grand - père aurait pu revenir en pleine nuit leur tirer les doigts de pieds.

Bien qu’élevés dans une foi israélite irréprochable, les disciples du Seigneur s’étaient laissés influencer par les croyances de l’envahisseur romain. Ils étaient devenus superstitieux.

Le chrétien superstitieux ne fait plus confiance à Dieu, il fait confiance à ses saintes amulettes. Les chrétiens protestants évangéliques le sont parfois aussi. Ils attribuent alors au diable plus de pouvoir qu’il n’en possède. C’est ainsi qu’en 1983, des traités chrétiens ont été mis en circulation pour nous avertir que l’alignement des planètes allait provoquer un cataclysme mondial. Cette année - là, les marées ont eu un fort coefficient, mais la fin du monde annoncée n’a pas eu lieu.

C’est ainsi que le 6 juin 2006, des chrétiens ont organisé un mouvement de prière universel parce que ce jour (6-6-06) était celui de Satan.

Ne laissons pas la superstition, si spirituelle qu’elle puisse paraître, nous détourner de notre espérance en Jésus.

Laissons plutôt Jésus s’approcher de nous, ayons confiance.

L’expérience de Pierre

Pierre n’est toujours pas très rassuré. Il a reconnu la voix du maître, et pourtant …

« Est - ce bien toi, seigneur ?

- C’est moi.

- Bien sûr ?

- C’est bien moi.

- Si c’est toi, ordonne que je te rejoigne en marchant sur l’eau.

- Viens ! »

Il lui fallait du courage et de l’audace, mais Pierre est un homme d’initiative, nous ne pouvons lui renier ce mérite.

Il avait bien compris l’enseignement de son maître. Quand on appartient au Christ, tout devient possible.

Et le Seigneur dit : Si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé, vous diriez à ce sycomore : Déracine–toi, et plante–toi dans la mer ; et il vous obéirait.”

LUC 17.6

« Qu’est - ce qui m’a pris de lui dire ça ? » fut certainement la pensée de Pierre à ce moment précis.

« Enfin, allons - y ! »

Il passe une jambe par-dessus bord, pose avec d’infinies précautions un pied sur la mer qui s’est solidifiée comme sur Aldébaran. Le voilà rassuré. Il passe l’autre jambe, pose l’autre pied sur l’eau. Il ressemble à un funambule mal assuré. Les deux pieds joints, il tangue a droite, il tangue a gauche. Puis il met un pied devant l’autre. C’est, dit - on, la meilleure façon de marcher. Il avance vers Jésus.

Le Seigneur a tout accompli pour nous sur la croix, mais il nous demande un tout petit pas dans sa direction, c’est le pas de la foi.

Pierre prend de l’assurance : « Mais ça marche ! »

Malheureusement, une bourrasque le déséquilibre, et il se rappelle brusquement qu’il est au milieu de la mer et que la tempête sévit autour de lui.

Quand un pécheur s’approche de Jésus - Christ, l’adversaire de notre salut ne manque pas de l’intimider pour le détourner de sa foi naissante.

Pierre est déstabilisé. Aussitôt la mer se ramollit. Notre sympathique apôtre s’enfonce jusqu’aux genoux, puis jusqu’à la ceinture.

« Au secours ! »

Pauvre Pierre ! Ta première leçon de ski nautique n’a pas été couronnée de succès !

Seigneur, sauve - moi !

« Seigneur, sauve - moi ! »

Quand un malheureux crie, l’Eternel entend, Et il le sauve de toutes ses détresses. L’ange de l’Eternel campe autour de ceux qui le craignent, Et il les arrache au danger. Sentez et voyez combien l’Eternel est bon ! Heureux l’homme qui cherche en lui son refuge !

PSAUME 34.6/8

Tel un bon maître - nageur, Jésus saisit la main de son élève qui boit la tasse. Celui - ci, retrouve aussitôt sa confiance perdue.

« Homme de peu de foi, pourquoi as–tu douté ? »

Le Seigneur n’a certainement pas prononcé cette parole sur le ton du blâme, mais plutôt sur celui de la condescendance amicale :

« Eh bien alors ! Où est donc ta foi ? »

Un chinois avait décidé de devenir chrétien après avoir « essayé » plusieurs religions. Il témoignait ainsi de son expérience :

J’étais tombé dans un puits. Confucius est passé. Il m’a dit : « Que pouvons nous - y faire, mon pauvre ami ? C’est la fatalité. » Ensuite Bouddha est passé. Il m’a dit : « Je vais méditer sur la signification de ce malheur. » Puis Mahomet est passé. Il m’a dit : « C’est bien fait pour toi. Il fallait regarder où tu mettais les pieds. » Enfin Jésus est venu. Il ne m’a pas posé de question. Il est descendu avec un filin, et il m’a remonté.

Après avoir redressé la situation, Jésus monte dans la barque. La barque de nos vies secouée par la tempête du monde et du péché. Aussitôt le vent cesse et la mer se calme.

Oh ! Si vous acceptiez Jésus dans votre barque ! Si vous vouliez qu’il entre dans votre cœur ! Lui seul saurait apaiser les tempêtes qui vous mènent à la perdition et au naufrage.

Dites - lui oui maintenant !

J’aimerai conclure avec un beau vers d’Alfred de Vigny, que j’ai, admettons - le, séparé de son contexte.

Notre vie serait elle une bouteille jetée à la mer, le poète écrit :

« Dieu la prendra du doigt pour la conduire au port. »

Par Lilianof - Publié dans : RENDEZ - VOUS A GOLGOTHA
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Lundi 5 novembre 2007
"Rendez - vous à Golgotha" a été révisé. Des fautes de frappe ont été corrigées. 
D'autres chapîtres  s'ajouteront au fil - de - l'eau.
Par Lilianof - Publié dans : RENDEZ - VOUS A GOLGOTHA
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Jeudi 6 septembre 2007

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Jésus était un provocateur, un dérangeur d’esprits. Il ne craignait pas de déplaire, de bousculer les habitudes de pensées, l’ordre établi, les idées reçues. Il ne se gênait surtout pas pour fustiger les dirigeants religieux, dont la corruption et l’hypocrisie étaient manifestes.

Lisons ce récit pour nous en convaincre :

Des gens de la foule, ayant entendu ces paroles, disaient : Celui–ci est vraiment le prophète. D’autres disaient : C’est le Christ. Et d’autres disaient : Est–ce bien de la Galilée que doit venir le Christ ? L’Ecriture ne dit–elle pas que c’est de la postérité de David, et du village de Bethléhem, où était David, que le Christ doit venir ? Il y eut donc, à cause de lui, division parmi la foule. Quelques–uns d’entre eux voulaient le saisir, mais personne ne mit la main sur lui. Ainsi les huissiers retournèrent vers les principaux sacrificateurs et les pharisiens. Et ceux–ci leur dirent : Pourquoi ne l’avez–vous pas amené ? Les huissiers répondirent : Jamais homme n’a parlé comme cet homme”

Jean 7.40/46

Nous découvrons d’abord dans ce texte que les esprits se divisaient sur l’essence même de Jésus. Etait - il un prophète ? Etait - il le Christ annoncé dans les Ecritures ? Ou bien n’était - il qu’un imposteur ?

Le clergé souhaitait se débarrasser de ce gêneur, il voulait le faire arrêter, et même le faire condamner à mort, mais ceux qu’on envoyait se saisir de lui étaient conquis pas ses paroles et beaucoup retournaient leur veste.

Alors, Jésus était - il un beau parleur et un séducteur ?

Il s’avérait en tous cas que l’usage de la force était inutile, il fallait donc recourir à la ruse. La tactique des ennemis de Jésus consistait à le discréditer auprès du peuple en lui posant des questions « peau de banane ».

Un jour, ils ont cru pouvoir le coincer en abordant la politique.

« Est - ce qu’un bon juif doit payer ses impôts ? »

N’oublions pas que le pays d’Israël était occupé par les romains, peuple païen, qui plus est, exécré par les juifs.

Si Jésus répondait « non », il poussait le peuple à la révolte, et c’était une bonne raison pour le conduire en prison.

Si jésus répondait « oui », c’était un partisan des romains, un « collabo ».

« Par quelle pirouette va - t - il s’en sortir, cette fois ? » pensait le pharisien en se frottant les mains.

Lisons plutôt :

Alors les pharisiens allèrent se consulter sur les moyens de surprendre Jésus par ses propres paroles. Ils envoyèrent auprès de lui leurs disciples avec les hérodiens, qui dirent : Maître, nous savons que tu es vrai, et que tu enseignes la voie de Dieu selon la vérité, sans t’inquiéter de personne, car tu ne regardes pas à l’apparence des hommes. Dis–nous donc ce qu’il t’en semble : est–il permis, ou non, de payer le tribut à César ? Jésus, connaissant leur méchanceté, répondit : Pourquoi me tentez–vous, hypocrites ? Montrez–moi la monnaie avec laquelle on paie le tribut. Et ils lui présentèrent un denier. Il leur demanda : De qui porte–t–il l’effigie et l’inscription ? De César, lui répondirent–ils. Alors il leur dit : Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.

Matthieu 22.15/21

Je vous propose un autre récit dans lequel nous verrons Jésus déjouer un de ces pièges mortels, tout en démontrant l’immensité de son amour :

Jésus se rendit à la montagne des Oliviers. Mais, dès le matin, il alla de nouveau dans le temple, et tout le peuple vint à lui. S’étant assis, il les enseignait. Alors les scribes et les pharisiens amenèrent une femme surprise en adultère ; et, la plaçant au milieu du peuple, ils dirent à Jésus : Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes : toi donc, que dis–tu ? Ils disaient cela pour l’éprouver, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus, s’étant baissé, écrivait avec le doigt sur la terre. Comme ils continuaient à l’interroger, il se releva et leur dit : Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle. Et s’étant de nouveau baissé, il écrivait sur la terre. Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience, ils se retirèrent un à un, depuis les plus âgés jusqu’aux derniers ; et Jésus resta seul avec la femme qui était là au milieu. Alors s’étant relevé, et ne voyant plus que la femme, Jésus lui dit : Femme, où sont ceux qui t’accusaient ? Personne ne t’a–t–il condamnée ? Elle répondit : Non, Seigneur. Et Jésus lui dit : Je ne te condamne pas non plus, va, et ne pèche plus.

Jean 8.1/11

Les ennemis de Jésus, scribes et pharisiens

Penchons - nous quelques instants sur ces personnages qui règlent la vie civile et religieuse du pays.

Les scribes

Les scribes, comme on pourrait le penser, sont avant tout des érudits, des exégètes, mais surtout des hommes chargés de la conservation des Ecritures. Les manuscrits s’usent et de génération en génération, il faut les remplacer. Les scribes s’appliquent à cette tâche avec un zèle louable. Ils savent combien copies et transcriptions peuvent devenir des sources d’erreur et ils apportent le plus grand soin à les éviter. Ils comptent les lignes, ils comptent les mots, ils comptent les lettres.

Les pharisiens

Les pharisiens, aussi appelé les « Hassidim », c'est-à-dire « ceux qui sont séparés », les « saints ». Ils sont entrés en scène au retour de l’exil. Le peuple d’Israël était rentré fort affaibli sur le plan spirituel. Il s’était éloigné de la loi divine, il avait oublié la Bible et, bien sûr, avait subi l’influence des nations païennes qu’il avait été forcé de côtoyer. Le mouvement pharisien est alors apparu, il se donnait l’objectif de maintenir vivant le respect de la « Torah », parole de Dieu écrite.

Le pharisaïsme, nous ne pouvons pas le nier, fut en son temps un véritable mouvement de réveil, au même titre que la Réforme. Il a incontestablement aidé le peuple juif à revenir à la foi.

Mais au cours des générations, comme nous pouvons encore le constater aujourd’hui, les réveils finissent par s’essouffler les uns après les autres. Les pharisiens, tout comme les scribes, avaient pris le pli d’oublier le véritable message de la Bible pour s’attacher à la lettre. Ila avaient dicté au peuple une multitude de nouvelles lois, de traditions et de contraintes. Ainsi la loi affirme qu’un juif ne doit pas travailler le jour du sabbat, et les pharisiens considéraient que porter quelque chose dans ses mains était une forme de travail. Ils imposaient leurs règles avec fermeté mais se croyaient exempt de les pratiquer eux - même : sévères envers autrui, indulgents envers leur ego.

Serions nous donc étonnés si les scribes et les pharisiens goûtent mal les enseignements de Jésus, et plus mal encore les compliments qu’il leur adresse :

Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés. Car on vous jugera du jugement dont vous jugez, et l’on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez. Pourquoi vois–tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois–tu pas la poutre qui est dans ton œil ? Ou comment peux–tu dire à ton frère : Laisse–moi ôter une paille de ton œil, toi qui as une poutre dans le tien ? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille de l’œil de ton frère.

MATTHIEU 7.1/5

Faites donc et observez tout ce qu’ils vous disent ; mais n’agissez pas selon leurs œuvres. Car ils disent, et ne font pas.

MATTHIEU 23/3

Une femme adultère

Comme nous venons de le dire, les pharisiens ne manquaient pas une occasion de mettre Jésus en difficulté. Nous les imaginons ricanant de triomphe lorsqu’ils lui amenèrent devant témoins une jeune femme surprise en flagrant délit d’adultère.

« Maître, toi grand Rabbin qui sait toute choses, tu sais certainement que Moïse a déclaré de la part de Dieu qu’un femme coupable d’adultère doit être lapidée. Mais toi, personnellement qu’en penses - tu ? »

Le piège était bien conçu et plaçait, une fois de plus le Seigneur dans une situation cornélienne. Si Jésus répond : « Oui, il faut qu’elle soit lapidée. » Il perdrait toute crédibilité lorsqu’il annoncerait l’amour divin et le pardon des péchés. Mais s’il répond : « Non, il faut la laisser partir. » Il aurait ainsi renié publiquement la parole divine.

Notons au passage que les pharisiens ne citent pas la Torah exactement comme Moïse l’a écrite :

Voici ce qu’ils disent :

« Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes »

Et voici ce que dit la loi :

Si un homme commet un adultère avec une femme mariée, s’il commet un adultère avec la femme de son prochain, l’homme et la femme adultères seront punis de mort.

LEVITIQUE 20.10

Avez - vous remarqué la petite différence : le texte biblique dit : « L’homme et la femme adultères seront punis de mort », et les pharisiens veulent condamner la femme seulement. J’aurais bien aimé que ces gens - là m’expliquent comment elle a pu commettre un adultère sans l’aide d’un complice.

Pas d’homme !

En cherchant bien, j’ai trouvé trois explications possibles :

Ou bien, dans l’esprit des pharisiens, l’adultère était un crime abominable pour une femme, mais « pas si grave que ça » pour un homme. C’est tout a fait plausible, connaissant la misogynie morbide qui caractérisait les juifs pieux de cette époque.

Les mentalités n’ont d’ailleurs pas changé à notre époque : avoir une vie sexuelle tumultueuse est une honte pour une femme, mais pour un homme, c’est une preuve de virilité.

Ou bien l’homme coupable était plus musclé que toute l’équipe de pharisiens réunis et n’a pas voulu venir.

Enfin, et je pencherais pour cette troisième possibilité : l’homme a entendu de loin les sandales des pharisiens, et quand il a vu s’approcher leurs longues robes et leurs barbes blanches, il s’est dit :

« Holà ! Ça commence à sentir la viande grillée par ici ; ne restons pas là ! »

Aussitôt notre courageux héros a sauté du lit à pieds joints et s’est précipité par la fenêtre, laissant sa compagne d’un soir se débrouiller avec ceux qu’il n’a pas osé affronter.

Je vous laisse imaginer le désarroi de cette pauvre fille livrée sans défense à une telle adversité.

Pauvre fille ? Vous exagérez ! Elle l’a tout de même un peu cherché. Non ?

Bien sûr ! Je ne veux pas trouver d’excuse au péché. Mais j’insiste sur le fait qu’ayant trahi son mari, elle se trouve trahie à son tour. Un homme l’a séduite, il lui a fait des promesses, et surtout, il lui a fait croire qu’il l’aimait. C’est lui qui l’a entraînée dans l’adultère et c’est - elle qu’on montre du doigt et qu’on va lapider. Un homme abandonne - t - il sa bien - aimée entre les mains de l’ennemi. C’est à ce moment qu’elle se rend compte que l’homme auquel elle a sacrifié son honneur et maintenant sa vie ne l’aimais pas et c’est moqué d‘elle. Cette terrible découverte est une punition suffisante pour la faute qu’elle vient de commettre.

Hommes ou femmes, ne sommes - nous pas tous séduits de la même manière. Ne sommes - nous pas tous adultères vis - à - vis de Dieu. N’avons pas abandonné notre créateur pour suivre celui qui nous a promis tant de plaisirs et nous a donné tant de malheur ?

Ils ont les yeux pleins d’adultère et, insatiables de péché, ils amorcent les âmes mal affermies ; ils ont le cœur exercé à la cupidité ; ce sont des enfants de malédiction.

2 PIERRE 2.14

Vous convoitez, et vous ne possédez pas ; vous êtes meurtriers et envieux, et vous ne pouvez pas obtenir ; vous avez des querelles et des luttes, et vous ne possédez pas, parce que vous ne demandez pas. Vous demandez, et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal, dans le but de satisfaire vos passions. Adultères que vous êtes ! Ne savez–vous pas que l’amour du monde est inimitié contre Dieu ? Celui donc qui veut être ami du monde se rend ennemi de Dieu. Croyez–vous que l’Ecriture parle en vain ? C’est avec jalousie que Dieu chérit l’Esprit qu’il a fait habiter en nous. Il accorde, au contraire, une grâce plus excellente, c’est pourquoi l’Ecriture dit : Dieu résiste aux orgueilleux, Mais il fait grâce aux humbles.

JACQUES 4.2/6

Et selon la norme biblique, nous sommes tous semblables à cette femme accusée d’adultère, et donc condamnés à mort de la même manière.

Car le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus–Christ notre Seigneur.

ROMAINS 6.23

Jésus interroge les consciences

Jésus ne répond pas à la question des scribes et des pharisiens. Il se baisse, il écrit dans la poussière avec son doigt.

Qu’écrit - il ? Le saura - t - on un jour ? Tout le monde observe. Tout le monde est anxieux. Personne ne comprend.

« Nous t’avons posé une question, Rabbi, nous aimerions une réponse. »

Et le Maître continue son petit jeu qui énerve.

Nous ne savons pas ce qu’il écrit : la parole de Dieu réserve souvent des espaces libres à l’imagination. Un prédicateur américain qui se croyait malin aurait affirmé que Jésus avait écrit : « Coca - cola ». Je me permets de supposer qu’il a pu écrire, par exemple : « convoitise », suivi d’un autre mot : « mensonge », puis un autre mot : « excès de table ». Mot après mot, l’inventaire s’allonge, la liste des péchés n’est pas exhaustive. Les participants et spectateurs de ce procès improvisé commencent à comprendre où Jésus veut en venir.

« D’accord, je n’ai jamais commis d’adultère, mais quand je vois la Judith, ce n’est pas l’envie qui me manque. » Convoitise.

« C’est vrai. Je n’ai pas toujours le courage de dire la vérité quand elle me gène. » Mensonge.

« C’est vrai. Je bois trop, il faudra que j’arrête un jour … »

Enfin le Seigneur se redresse et répond à la question de ses adversaires ; non pas par le « oui » ou le « non » tant espéré :

« Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle. »

Jésus avait le don des réparties inattendues. Celle - ci ne répond toujours pas à la question qui avait été posée, mais elle a le mérite d’interpeller la conscience de chacun.

Par cette parole, Jésus nous invite a cesser de nous comparer aux autre pour nous trouver meilleurs, mais à nous comparer à nous - même et prendre conscience de notre statut de pécheur.

O homme, qui que tu sois, toi qui juges, tu es donc inexcusable ; car, en jugeant les autres, tu te condamnes toi–même, puisque toi qui juges, tu fais les mêmes choses.

Toi qui dis de ne pas commettre d’adultère, tu commets l’adultère ! Toi qui as en abomination les idoles, tu commets des sacrilèges !

ROMAINS 2.1,22

Et le Seigneur recommence à écrire par terre.

Exaspérant !

Qu’a - t -il écrit cette fois ? Peut - être bien ceci :

Toi qui es l’espérance d’Israël, ô Eternel ! Tous ceux qui t’abandonnent seront confondus. –– Ceux qui se détournent de moi seront inscrits sur la terre, Car ils abandonnent la source d’eau vive, l’Eternel.

jeremie 17.13

Cette mise en scène et ces paroles de Jésus produirent sans tarder leur effet et l’on doit rendre cet hommage aux accusateurs qu’ils ont, pour une foi, fait preuve d’honnêteté. Ils se retirent l’un après l’autre, d’abord les plus âgés parce que leur conscience, en toute logique devrait être plus chargée que celle des jeunes et qu’ils ont eu toute la vie pour pécher à loisir.

La grâce

Imaginez maintenant : Jésus qui était toujours penché sur le sol redresse la tête et se trouve enfin seul en face de cette femme dont il vient de sauver la vie. Elle est prostrée devant lui, arrosant la poussière de ses larmes. Jésus la prend par la main et la relève.

« Regarde autour de toi. Où sont passé tous ceux qui t’accusaient. Aucun donc ne t’a condamnée ?

- Non, seigneur. »

Je recommande à tous les amateurs d’art la peinture de mon ami Sinho qui produit une image si touchante de cette scène. Les larmes du Sauveur se mèlent à celle de la jeune femme qu’il tient dans ses bras. Le visage de la coupable graciée, serré contre le cœur de Jésus exprime le soulagement et la sérénité.

« Moi non plus je ne te condamne pas. Va en paix et ne pèche plus ».

Par ces paroles, le Seigneur ne minimise pas la gravité de la faute, mais il lui fait réaliser que plus l’offense est grande et plus le pardon a de valeur.

Jésus n’a jamais prêché pour ou contre la peine de mort, mais il nous laisse ce message : Là où est la condamnation, il existe une issue, non plus vers le couloir de la mort, mais vers un vie nouvelle.

Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus–Christ.

ROMAINS 8.1

Par Lilianof - Publié dans : RENDEZ - VOUS A GOLGOTHA
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Jeudi 6 septembre 2007

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S’il y avait un bon Dieu …

Il n’y aurait pas toutes ces misères. Il n’y aurait pas toutes ces guerres, toutes ces injustices.

Et d’ailleurs moi, si j’étais le bon Dieu, j’irai chercher mon nettoyeur à haute pression et je commencerai par débarrasser la planète de toutes les crapules, fripouilles et autres racailles. Cela nous permettrait de mieux respirer. Vous n’êtes pas d’accord avec moi ?

Argument éculé et reformulé, prétexte à justifier l’incrédulité, à rassurer, il console et endort nos consciences. Le « bon Dieu » peut avoir l’excuse de ne pas exister, il n’en est pas moins au banc des accusés. « Mais qu’est - ce que j’ai fait au bon Dieu pour mériter une vie pareille ? » « C’est la faute au « bon Dieu » si mes voisins sont méchants. Et si moi - même je suis méchant, c’est sa faute aussi. Après tout, il n’avait qu’à me faire autrement. »

Le « bon Dieu » n’avait qu’à !

A l’époque où Jésus enseignait en Terre - sainte, et même bien avant sa venue, l’athéisme n’existait pas, du moins, pas sous une forme officielle. On n’accusait pas Dieu de ne pas exister, mais on ne manquait pas de lui adresser des reproches :

  • « Pourquoi Dieu permet - il la misère et la souffrance ? »

  • « Pourquoi tolère t - il les méchants ? »

  • « Pourquoi accepte - t - il l’injustice ? »

  • « Pourquoi les impies sont - ils riches et le fidèles dans la nécessité ? »

A cette série de questions aussi ancienne que l’humanité elle-même, Jésus va répondre par une petite histoire, un parabole : celle du « bon grain » et de « l’ivraie ».

Il leur proposa une autre parabole, et il dit : Le royaume des cieux est semblable à un homme qui a semé une bonne semence dans son champ. Mais, pendant que les gens dormaient, son ennemi vint, sema de l’ivraie parmi le blé, et s’en alla. Lorsque l’herbe eut poussé et donné du fruit, l’ivraie parut aussi. Les serviteurs du maître de la maison vinrent lui dire : Seigneur, n’as–tu pas semé une bonne semence dans ton champ ? D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ? Il leur répondit : C’est un ennemi qui a fait cela. Et les serviteurs lui dirent : Veux–tu que nous allions l’arracher ? Non, dit–il, de peur qu’en arrachant l’ivraie, vous ne déraciniez en même temps le blé. Laissez croître ensemble l’un et l’autre jusqu’à la moisson, et, à l’époque de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Arrachez d’abord l’ivraie, et liez–la en gerbes pour la brûler, mais amassez le blé dans mon grenier.

Matthieu 13:24/30

 

 

La grande question des hommes

Cette question, que les disciples, sympathisants et même ennemis de Jésus n’ont pas manqué de lui poser, peut être subdivisée en deux sous - questions :

  • « Pourquoi Dieu, qui est en principe un Dieu juste, tolère - il l’injustice ? »

  • « Combien de temps cela va encore durer ? »

Pourquoi Dieu permet – il ?

Le livre de Job est considéré comme l’un des plus anciens de la Bible, le personnage a vécu bien avant Moïse, peut être même avant Abraham. Il est présenté comme un homme juste et craignant Dieu :

Il y avait dans le pays d’Uts un homme qui s’appelait Job. Et cet homme était intègre et droit ; il craignait Dieu, et se détournait du mal. Il lui naquit sept fils et trois filles. 3 Il possédait sept mille brebis, trois mille chameaux, cinq cents paires de bœufs, cinq cents ânesses, et un très grand nombre de serviteurs. Et cet homme était le plus éminent de tous les fils de l’Orient. Ses fils allaient les uns chez les autres et donnaient tour à tour un festin, et ils invitaient leurs trois sœurs à manger et à boire avec eux. Et quand les jours de festin étaient passés, Job appelait et sanctifiait ses fils, puis il se levait de bon matin et offrait pour chacun d’eux un holocauste ; car Job disait : Peut–être mes fils ont–ils péché et ont–ils offensé Dieu dans leur cœur. C’est ainsi que Job avait coutume d’agir.

Job 1:1/5

Selon notre bonne vielle logique, un homme qui a tant de mérites devrait forcément être heureux. Dans le cas contraire, Dieu serait injuste. Ou alors il n’existe pas.

La suite du livre de Job nous démontre que son bonheur, - car c’est vrai, il était heureux, - va s’effondrer en un instant, laissant place au deuil, à la ruine et à la maladie.

Le lecteur de la Bible sait pour quelle raison, cet homme si pieux sera, pour un temps, cruellement éprouvé. Job a été l’objet d’une sorte de pari entre Dieu et Satan. Mais Job, lui, ne le sait pas. Pas plus que ses trois prétendus amis qui ne sont pas allés chercher loin les explications de ses malheurs :

« C’est parce que tu as désobéi à Dieu qu’il t’arrive toutes ces bricoles. Va te confesser et tout rentrera dans l’ordre. »

Malgré sa foi très solide. Job, et nous le comprenons, se laisse aller au découragement et au doute : « Ce Dieu que j’ai servi avec tant d’amour est finalement tyrannique et indifférent. »

On arrache l’orphelin à la mamelle, On prend des gages sur le pauvre. Ils vont tout nus, sans vêtement, Ils sont affamés, et ils portent les gerbes ; Dans les enclos de l’impie ils font de l’huile, Ils foulent le pressoir, et ils ont soif ; Dans les villes s’exhalent les soupirs des mourants, L’âme des blessés jette des cris… Et Dieu ne prend pas garde à ces infamies !

JOB 24.9/12

 

Combien de temps ça va durer ?

Habakuk a vécu longtemps après Job. C’est un prophète bien sympathique, car il n’hésite pas à nous faire part de ses doutes, et de ses incompréhensions. Il nous rappelle ainsi que les serviteurs de Dieu les plus remarquables ont les mêmes faiblesses que nous.

Voici ce qu’il écrit :

Jusqu’à quand, ô Eternel ?… J’ai crié, Et tu n’écoutes pas ! J’ai crié vers toi à la violence, Et tu ne secours pas ! Pourquoi me fais–tu voir l’iniquité, Et contemples–tu l’injustice ? Pourquoi l’oppression et la violence sont–elles devant moi ? Il y a des querelles, et la discorde s’élève. Aussi la loi n’a–t–elle point de vie, La justice n’a–t–elle point de force ; Car le méchant triomphe du juste, Et l’on rend des jugements iniques.

HABAKUK 1.2/4

La réponse de Jésus

Face au scepticisme de son entourage, Jésus va donc raconter cette histoire :

Le bon grain et l’ivraie

Un paysan sème du blé dans son champ. Il faut bien sûr comprendre ce fait banal dans un sens allégorique. Le champ, c’est le monde. Le cultivateur, c’est Dieu. Et le blé, vous l’avez compris, ce sont les pauvres de nous.

Et vous remarquerez qu’il est précisé : « une bonne semence ». Il ne s’est pas contenté d’un blé à bon marché. Nous avons de la valeur. Dieu est créateur, et quand il crée, il ne fabrique pas de « bas de gamme ». Ce n’est ni par vanité ni par orgueil que David s’écrie :

Je te loue de ce que je suis une créature si merveilleuse. Tes œuvres sont admirables, Et mon âme le reconnaît bien.

Psaumes 139.14

N’aillons don pas honte de proclamer nous aussi que nous sommes créés à l’image de Dieu et que nous sommes (en théorie !) des créatures parfaites.

Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme.

GENESE 1.27

Mais la langue, aucun homme ne peut la dompter ; c’est un mal qu’on ne peut réprimer ; elle est pleine d’un venin mortel. Par elle nous bénissons le Seigneur notre Père, et par elle nous maudissons les hommes faits à l’image de Dieu.

JACQUES 3.8/9

Bien entendu, la réalité dépasse largement la théorie et semble la contredire.

Dans les campagnes, les fermiers ne s’entendent pas toujours entre eux ; ils ont souvent des conflits au sujet d’un mouton qui a brouté trois brins d’herbe dans la prairie de l’autre. Et c’est ce qui est arrivé à notre brave cultivateur. Il a un voisin irascible qui ne l’aime pas du tout, un mauvais coucheur, et celui - ci ne sait plus quoi inventer pour lui empoisonner la vie.

Le divin cultivateur a lui aussi un rival. Son ennemi, le diable, est bien différent de cette image que les hommes se sont faits de lui. Pas de pieds ni de cornes de bouc, pas d’ailes de chauve - souris, pas de queue en forme de prise de courant, encore moins de survêtement rouge. Satan est un être extrêmement doué, intelligent et beau. Satan n’est pas le « mauvais Dieu » opposé au « bon Dieu », il n’y a qu’un seul Dieu : le Dieu bon. Satan n’a pas créé les méchants : Il est incapable de créer puisque lui-même a été créé par Dieu. L’expression « créature du diable » est donc totalement inappropriée.

Satan était le plus beau des anges, comme tel il s’est rempli d’orgueil, il s’est « pris la grosse tête » et s’est imaginé qu’il pouvait usurper la place de son créateur.

Le livre d’Ezéchiel nous parle d’un certain roi de Tyr qu s’était lui aussi enorgueilli de toutes ses perfections et qui est une image de ce rival jaloux de Dieu :

Fils de l’homme, Prononce une complainte sur le roi de Tyr ! Tu lui diras : Ainsi parle le Seigneur, l’Eternel : Tu mettais le sceau à la perfection, Tu étais plein de sagesse, parfait en beauté. Tu étais en Eden, le jardin de Dieu ; Tu étais couvert de toute espèce de pierres précieuses, De sardoine, de topaze, de diamant, De chrysolithe, d’onyx, de jaspe, De saphir, d’escarboucle, d’émeraude, et d’or ; Tes tambourins et tes flûtes étaient à ton service, Préparés pour le jour où tu fus créé. Tu étais un chérubin protecteur, aux ailes déployées ; Je t’avais placé et tu étais sur la sainte montagne de Dieu ; Tu marchais au milieu des pierres étincelantes. 15 Tu as été intègre dans tes voies, Depuis le jour où tu fus créé Jusqu’à celui où l’iniquité a été trouvée chez toi.

EZECHIEL 28.12/15

On dit souvent du diable qu’il est le « singe de Dieu ». Ce qui signifie qu’il aime à imiter les oeuvres du Créateur pour qu’on s’intéresse à lui et aussi pour séduire les croyants superstitieux et superficiels. C’est pourquoi il est recommandé de ne pas accorder sa foi à tous les esprits et de se tenir en garde contre les esprits séducteurs, aussi de ne pas attribuer à Dieu tous les signes miraculeux qui peuvent se produire.

Mais l’Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques–uns abandonneront la foi, pour s’attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons.

Timothée 4:1

Bien–aimés, n’ajoutez pas foi à tout esprit ; mais éprouvez les esprits, pour savoir s’ils sont de Dieu, car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde.

1 Jean 4:1

Le diable étant ainsi reconnu comme l’imitateur de Dieu - on aurait pu l’appeler Thierry le triste luron - ne soyons donc pas étonnés de le voir employer les méthodes de Dieu. Il va semer, lui aussi.

Il ne va pas créer quelque chose ou quelqu’un à son image. Nous l’avons bien dit : il en est incapable. Mais il va semeur dans le cœur de l’homme des sentiments, des désirs et des comportements bien propre à son caractère. Il va mélanger à la bonne semence de Dieu une mauvaise plante qui va la corrompre : l’ivraie.

L’ivraie : Qu’est - ce que c’est ?

Le cauchemar des jardiniers, une mauvaise herbe. Quand elle est jeune, elle ressemble à du blé. Quand elle grandit elle ressemble à du blé, mais quand le blé est mûr, l’ivraie reste l’ivraie : Ses épis sont vides et sans consistance.

C’est une céréale qui leurre !

L’ivraie, en grec, se dit « zizania », et chacun connaît l’expression : « Semer la zizanie ».

Imaginez la réaction des villageois, mais aussi celle des ouvriers en voyant le blé monter en herbe, et l’ivraie monter avec lui. D’abord des murmures :

« Le patron n’a vraiment pas les idées claires. Sa mère a dû le bercer trop près du mur ! Semer de l’ivraie avec son blé ! On n’a jamais vu ça de mémoire de paysan. Il lui manque une case ou quoi ? »

Après les murmures, la révolte :

« Alors ainsi nous avons donné le meilleur de nous même à travailler dans ce champ pour récolter les mauvaises herbes. Sans compter les moqueries des confrères du champ d’à côté. Ah ! Ça ne se passera pas comme ça ! Je m’en vais lui dire deux mots, moi, au big boss ! »

Après les murmures et la révolte, c’est la délégation syndicale dans le bureau du patron et le préavis de grève.

Et le patron doit alors s’expliquer.

« Je suis aussi surpris que vous de la tournure des événements. Ce n’est pas moi qui ai décidé de semer l’ivraie. C’est encore un coup de « qui-vous-savez ».

- Qu’allons - nous faire, maintenant ? »

Que faut – il faire de l’ivraie ?

La question reste ouverte : L’ivraie est là, que faut -il en faire ?

Les explications du maître ont convaincu les ouvriers : C’est l’ennemi, celui qu’on appelle aussi « l’Astre lumineux (Lucifer) » qui est l’auteur de cette confusion.

Avons - nous bien compris que ce n’est pas Dieu qui a semé la méchanceté dans le cœur des hommes. Cette méchanceté s’appelle le péché : un propension à ignorer Dieu et à lui désobéir.

S’il est admis qu’il existe des « gentils » et des « méchants », la parole de Dieu n’admet aucune exception au péché :

Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu.

ROMAINS 3.23

Quoi donc ! sommes–nous plus excellents ? Nullement. Car nous avons déjà prouvé que tous, Juifs et Grecs, sont sous l’empire du péché.

ROMAINS 3.9

C’est pourquoi, comme par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu’ainsi la mort s’est étendue sur tous les hommes, parce que tous ont péché…

ROMAINS 5.12

Comme ils continuaient à l’interroger, il se releva et leur dit : Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle.

JEAN 8.7

A toute crise il existe deux sortes de solutions : les solutions sérieuses et les solutions « YAKA ».

« YAKA prendre une binette et la question est réglée !

- Réfléchi un peu, Marcel. En binant l’ivraie, tu vas aussi arracher le bon blé.

- ah oui ! C’est vrai. »

Abandonnons la solution YAKA. Si YAKA supprimer tous les pécheurs, personne n’échapperait à la destruction. Certainement pas moi, en tout cas !

La patience de Dieu.

« Voici ce que je propose : » dit le maître cultivateur. « Faisons comme si nous n’avions rien remarqué d’anormal, laissons l’ivraie pousser avec le bon blé. Cela prendra du temps, il nous faudra de la patience, mais quand le blé sera mûr pour la moisson, il n’y aura plus de doute possible. Les mauvais épis seront arrachés à part et brûlés, tandis que les bons épis seront engrangés. »

La patience de Dieu n’est plus à démontrer. Dès les premières pages de la Bible, il démontre à Abraham sa capacité à retarder le jugement imminent contre Sodome, à cause de Lot, seul habitant de la ville considéré comme juste.

Abraham s’approcha, et dit : Feras–tu aussi périr le juste avec le méchant ? Peut–être y a–t–il cinquante justes au milieu de la ville : les feras–tu périr aussi, et ne pardonneras–tu pas à la ville à cause des cinquante justes qui sont au milieu d’elle ? Faire mourir le juste avec le méchant, en sorte qu’il en soit du juste comme du méchant, loin de toi cette manière d’agir ! Loin de toi ! Celui qui juge toute la terre n’exercera–t–il pas la justice ? Et l’Eternel dit : Si je trouve dans Sodome cinquante justes au milieu de la ville, je pardonnerai à toute la ville, à cause d’eux

GENESE 18.23/26

Le Seigneur ne tarde pas dans l’accomplissement de la promesse, comme quelques–uns le croient ; mais il use de patience envers vous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance.

2 PIERRE 3.9

Le bon grain va donc cohabiter avec l’ivraie, les pécheurs avec les justes. Cela continuera jusqu’au jour où le Seigneur décidera qu’il est temps de moissonner, de séparer les bons des mauvais, bref, de régler ses comptes avec l’humanité.

Une objection me paraît évidente : Puisque nous venons de démontrer qu’il n’y a pas de juste et que tous les hommes sont des pécheurs, il devrait n’y avoir que de l’ivraie dans ce champs. Alors qui sont les bons épis ?

Les bons épis sont des pécheurs, eux aussi, mais qui ont acceptés l’offre unique de Jésus - Christ. En choisissant une vie nouvelle avec lui, ils ont opté pour le pardon et l’oubli de leurs péchés. Voici ce que Jean - Baptiste disait de Jésus :

Le lendemain, il vit Jésus venant à lui, et il dit : Voici l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde.

JEAN 1.29

Nous n’ignorons pas que Jésus a payé de sa vie et de son sang pour que chaque pécheur ait gratuitement accès à cette vie nouvelle, et que chaque épi puisse se remplir de belle farine fine et blanche.

Mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus–Christ, et par l’Esprit de notre Dieu.” (1 Corinthiens 6:11 NEG)

1 CORINTHIENS 6.11

La moisson

Voici venu le jour de la moisson. C’est un jour unique. Ce jour - là, la patience divine prendra fin et Jésus viendra lui - même régler le problème. Ecoutons la promesse du Seigneur, alors qu’il s’adressait à ses disciples :

Que votre cœur ne se trouble point. Croyez en Dieu, et croyez en moi. Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père. Si cela n’était pas, je vous l’aurais dit. Je vais vous préparer une place. Et, lorsque je m’en serai allé, et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis vous y soyez aussi.

JEAN 14.1/3

Pour ceux qui ont choisi d’être du bon grain, c’est une excellente nouvelle. Où passerons - nous l’éternité ? N’est - il pas préférable d’avoir une certitude inébranlable dans la parole du Christ et attendre avec foi la belle demeure qu’il nous a préparée ?

Si toutefois, comme nous en avons le droit, nous refusons cette offre de Jésus, si nous désirons garder notre statut d’ivraie, nous en accepterons aussi le sort final : être brûlé au feu.

Et il me dit : C’est fait ! Je suis l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin. A celui qui a soif, je donnerai de la source de l’eau de la vie, gratuitement. Celui qui vaincra héritera ces choses ; je serai son Dieu, et il sera mon fils. Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les débauchés, les magiciens, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l’étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort.

APOCALYPSE 21.6/8

Je ne suis pas convaincu que l’enfer soit une immense marmite remplie de liquide enflammé dans laquelle les damnés seront précipités sans aucun ménagement et au bord de le laquelle des diablotins armés de tridents veilleront à les empêcher d’en sortir. Je crois même - je prends cela sur mon bonnet - qu’il n’y a pas plus de feu en enfer que sur la terre. C’est à mon avis une image pour décrire un endroit où les perdus souffriront beaucoup.

Je n’aime pas tellement parler de l’enfer, mais un prédicateur n’a pas le droit de cacher à ses ouailles certaines facettes de la parole de Dieu qui pourraient leur sembler moins sympathiques.

Je voudrais terminer avec une idée positive :

Je crois que l’enfer existe, mais je suis aussi convaincu que Dieu a vraiment fait le maximum pour nous l’éviter, et pour nous ouvrir la porte du paradis. Dieu ne veut que du bien aux hommes. Il veut qu’aucun ne périsse. C’est écrit :

Le Seigneur ne tarde pas dans l’accomplissement de la promesse, comme quelques–uns le croient ; mais il use de patience envers vous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance

2 Pierre 3:9

Il n’appartient plus qu’à chacun d’entre nous de faire son choix.

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