Dimanche 16 mars 2008
Diane de Poitiers, propriétaire du château d'Anet était la maîtresse d'Henri II, et non d'Henri IV.

J'ajouterai donc une réplique à la Relation de Chasles (Acte II, scène IV) pour avoir l'air moins bête.
Par Lilianof - Publié dans : PLACE AU THEATRE
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Mercredi 12 mars 2008

Agrandissez votre territoire

Les fils de Joseph parlèrent à Josué, et dirent : Pourquoi nous as–tu donné en héritage un seul lot, une seule part, tandis que nous formons un peuple nombreux et que l’Eternel nous a bénis jusqu’à présent ? Josué leur dit : Si vous êtes un peuple nombreux, montez à la forêt, et vous l’abattrez pour vous y faire de la place dans le pays des Phéréziens et des Rephaïm, puisque la montagne d’Ephraïm est trop étroite pour vous. Les fils de Joseph dirent : La montagne ne nous suffira pas, et il y a des chars de fer chez tous les Cananéens qui habitent la vallée, chez ceux qui sont à Beth–Schean et dans les villes de son ressort, et chez ceux qui sont dans la vallée de Jizreel. Josué dit à la maison de Joseph, à Ephraïm et à Manassé : Vous êtes un peuple nombreux, et votre force est grande, vous n’aurez pas un simple lot. Mais vous aurez la montagne, car c’est une forêt que vous abattrez et dont les issues seront à vous, et vous chasserez les Cananéens, malgré leurs chars de fer et malgré leur force.”

Josué 17.14/18

Enfin l’écurie !

Quel plaisir, après un long et pénible voyage, de retrouver enfin ses chères pénates !

Il faut dire que le voyage des israélites dans le désert n’avait rien d’un voyage organisé. Parce qu’ils ont manqué de foi et ont eu peur des Cananéens qui habitaient le pays, cette entrée en terre promise leur avait été une première fois refusée. Après quarante années de pérégrinations et d’épreuve, ils peuvent enfin pénétrer dans le pays promis.

Le temps n’est cependant pas encore venu d’enfiler les charentaises. Il y a du terrain à défricher, mais il y a surtout des batailles à gagner. Les Cananéens dont la génération précédente avait tant soit peu exagéré la force et la taille, étaient néanmoins présents, et peu enclins à laisser la place au peuple de Dieu. Le livre de Josué nous explique les détails de cette conquête.

Enfin, le pays est gagné, le drapeau est planté. Il faudra maintenant partager le pays en dix provinces qui seront attribuées à chacune des dix tribus d’Israël. Je dis bien dix, et non douze, puisque deux d’entre elles, Gad et Ruben ont décidé de demeurer à l’extérieur.

On se sent à l’étroit. (Vs 14)

Sitôt le gâteau cuit, il faut le partager, et c’est là que les problèmes commencent.

Et pourquoi ta part est - elle plus grosse que la mienne ? Il faut se munir d’un rapporteur d’angles et d’un compas pour éviter les jalousies, et plus les convives sont nombreux, plus le partage est difficile. En l’occurrence, dix familles d’Israël vont découper la pizza de Canaan.

Les plus mécontents sont les deux tribus issues de Joseph, c’est - à dire Ephraïm et Manassé.

Ça ne va pas du tout, Josué ! Nous sommes un peuple nombreux, l’Eternel nous a béni, nous voulons encore nous agrandir, et tu ne nous donne à chacun qu’une toute petite part de rien du tout. Et regarde Juda ! Eux ils ont un bon tiers du pays pour eux tout seuls. Tu veux savoir ce qu’on en pense ? Eh bien ! Tu fais du favoritisme ! Voilà !

Cela me rappelle les conversations que j’entends tous les matins dans les travées de la distribution :

« Ta tournée est plus petite que la mienne !

- Ce n’est pas vrai !

- Regarde mes cases. Elles sont plus pleines que les tiennes. Tu as une tournée de femme enceinte !

- J’ai moins de volume mais plus de kilomètres. J’ai peut - être une tournée de manchot, mais pas d’unijambiste. »

Et nous ? Berger, chien ou brebis de l’Assemblée du Seigneur ? De quel clan somme nous ? D’Ephraïm ou de Manassé ? Car ne le nions pas, nous nous sentons souvent lésés dans la part que nous avons reçue. Entre le ministère dont je rêvais à l’école biblique et celui que Dieu m’a donné, la marge est large. Mais j’ai appris à m’en satisfaire.

Et d’abord, pourquoi somme nous une petite église ? Qu’est - ce que le Seigneur attend pour envoyer le réveil ?

Ce ne sont pas les excuses qui manquent :

  • D’abord le terrain est trop dur ici.

Trop de catholicisme. Trop d’occultisme dans les campagnes. Trop de ceci, trop de cela …

Sous prétexte que notre vision est limitée, nous pourrions nous autoriser à limiter Dieu. Ill ne peut pas intervenir dans notre région. Pourquoi ne nous a - t- il pas envoyé deux cents kilomètres plus au sud ?

  • Ensuite la ville est trop petite.

Evidemment ! Dans une agglomération de 6000 habitants, on ne peut pas avoir une église de 10 000 membres comme chez Rick Warren !

C’est vrai, notre foi est souvent proportionnelle aux statistiques.

Paris compte plusieurs centaines d’église de toutes obédiences, mais les petites villes n’ont -elles pas le droit, elles aussi, de compter plusieurs communautés, correspondant à des sensibilités spirituelles différentes ?

En vacances dans les Boutières, je suis descendu un dimanche avec ma famille visiter à Lamastre une église libre. Après le culte, nous avons eu une conversation avec le pasteur : « Dans cette ville de quatre mille habitants, nous disait - il, il y a une église réformée, une église darbyste, une église pentecôtiste, et enfin nous même, et tout ces gens s’entendent très bien. »

Ce gros village est - il une exception à la loi du Far West ?

« Cette ville est trop petite pour nous deux, Lucky Luke, dégaine ! »

Il faut faire de la place

Revenons au pays de Canaan.

Josué donne une réponse directe aux revendications :

« Vous êtes à l’étroit ? Eh bien ! Vous n’avez qu’à faire de la place.

- Oui, mais comment ?

- Avec une hache. »

J’appartiens à la génération à laquelle on a lavé le cerveau avec le même message : « Il faut à tout prix faire avancer la civilisation industrielle, quitte à bouziller la planète ». On nous a rempli la tête d’un auteur qui abondait dans cette idéologie : André Maurois. Dictée extraite des œuvres d’André Maurois. Rédaction : « Commentez cette phrase d’André Maurois. » Grammaire : « Dans cette phrase d’André Maurois, où se trouve le complément d’objet direct ? »

Sans oublier ces beaux vers d’Alphonse de Lamartine qui ont révolté mon âme d’adolescent, alors que je rêvait de changer le monde :

« La caravane humaine un jour était campée
Dans des forêts bordant une rive escarpée
Et ne pouvant pousser sa route plus avant
Les chênes l’abritaient du soleil et du vent … »

Il fallait absolument que l’humanité poursuive sa route, ce qu’elle n’a pu faire qu’en détruisant la forêt pour construire un pont.

La solution de Josué, elle non plus, n’était pas très écologique : pourtant les forêts d’autrefois n’avaient rien de commun avec celle de Fontainebleau. C’était un espace inutile, mais aussi inculte et dangereux. Nos seulement il n’y poussait pas de blé, mais c’est dans la forêt qu’on risquait d’être attaqué par des bêtes féroces ou des brigands.

J’étais il y a peu de temps en République Tchèque où l’on nous a recommandé, si nous nous promenions en forêt, de ne pas nous écarter des chemins balisés. Nous pourrions dans le cas contraire rapporter des tiques qui peuvent provoquer chez l’homme des maladies graves.

Dans notre contexte biblique, la forêt, c’est ce qui freine la croissance du peuple de Dieu.

Qu’est - ce qui empêche l’Eglise du Seigneur de grandir ?

Commençons par le découragement.

Les israélites ont été découragés par les géants qui peuplaient la terre promise. Ne sommes - nous pas, quelquefois découragés par l’immensité de la tâche à accomplir ?

Toute l’assemblée éleva la voix et poussa des cris, et le peuple pleura pendant la nuit. Tous les enfants d’Israël murmurèrent contre Moïse et Aaron, et toute l’assemblée leur dit : Que ne sommes–nous morts dans le pays d’Egypte, ou que ne sommes–nous morts dans ce désert ! Pourquoi l’Eternel nous fait–il aller dans ce pays, où nous tomberons par l’épée, où nos femmes et nos petits enfants deviendront une proie ? Ne vaut–il pas mieux pour nous retourner en Egypte ? Et ils se dirent l’un à l’autre : Nommons un chef, et retournons en Egypte.”

Nombres 14.1/4

Que peut faire une église avec un pasteur découragé ?

Que peut faire un pasteur avec une église découragée ?

Parlons aussi de nos exigences qualitatives

Il nous arrive d’être des chrétiens difficiles. Nous implorons le Seigneur de nous accorder des âmes nouvelles et parfois souhaitons remplir notre église de chrétiens adultes et sans histoire.

Refuserons - nous l’accès de l’église locale aux « cas sociaux », aux sans abris, à ceux qui ont des problèmes dans leur foyer ? Avons-nous établi dans notre église des filtres et des calibres tellement serrés que même en rentrant le ventre, personne ne passe. Oublions - nous que nous-mêmes y sommes entrés en y introduisant de pesants fardeaux.

Nous avons commencé notre travail de pionnier avec un couple que nous appellerons Jeannot et Jeannette. L’un comme l’autre avait une vision bien personnelle de la croissance de l’église :

Prenez un Jeannot et une Jeannette, faites cinquante photocopies de chaque, et vous avez une église de cent membres.

Jésus n’a - t - il pas déchiré les mailles de nos tamis lorsqu’il a réagit ainsi :

On lui amena des petits enfants, afin qu’il les touche. Mais les disciples reprirent ceux qui les amenaient. Jésus, voyant cela, fut indigné, et leur dit : Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas ; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent.”

MARC 10.13/14

Attendons - nous un miracle pour avancer ?

Nous avons commencé par fabriquer deux cents prospectus que nous avons distribués. Jeannot et Jeannette s’attendaient à ce que cet effort soit récompensé par un réveil, mais personne n’est venu aux réunions.

- Est - ce que ça vaut la peine de continuer ?

Lorsque nous serons une grande église, nous aurons des moyens financiers, nous aurons un beau bâtiment, nous aurons des musiciens, nous aurons de belles chaises. Alors, nous pourrons commencer à travailler, nous ferons de l’évangélisation.

- Mais si nous ne travaillons pas, comment l’église va - t - elle progresser ?

Fort heureusement, Dieu ne nous demande pas de commencer par nous équiper. Si nous en avons les moyens, nous le ferons pour sa gloire. Si nous n’en avons pas les moyens, le Seigneur utilisera le peu que nous avons et même ce que nous n’avons pas.

Je vous propose une petite expérience musicale : installez vous conformément dans votre fauteuil, et écoutez la cinquième symphonie de Prokofiev. Je vous garantis que vous verrez un train traverser votre salon à toute vapeur.

Avez - vous déjà vu démarrer un train à vapeur ? Une bielle se met en mouvement. Les roues avancent d’un demi tour. On a l’impression que le voyage va s’arrêter là, mais la locomotive avance à nouveau d’un demi tour de roue, puis d’un tour entier. A cette vitesse - là nous serons à Marseille dans six mois, autant y aller à pieds.

Il en est ainsi de la plupart des églises qui démarrent laborieusement. Une fois qu’elles sont lancées, rien ne peut les empêcher de grandir.

Alors il reprit et me dit : C’est ici la parole que l’Eternel adresse à Zorobabel : Ce n’est ni par la puissance ni par la force, mais c’est par mon Esprit, dit l’Eternel des armées. Qui es–tu, grande montagne, devant Zorobabel ? Tu seras aplanie. Il posera la pierre principale au milieu des acclamations : Grâce, grâce pour elle ! La parole de l’Eternel me fut adressée, en ces mots : Les mains de Zorobabel ont fondé cette maison, et ses mains l’achèveront ; et tu sauras que l’Eternel des armées m’a envoyé vers vous. Car ceux qui méprisaient le jour des faibles commencements se réjouiront en voyant le niveau dans la main de Zorobabel. Ces sept sont les yeux de l’Eternel, qui parcourent toute la terre.

ZACHARIE 4.6/10

Ne nous contentons pas de la médiocrité

Comme nous venons de le dire, la croissance ne se fait pas du jour au lendemain. Une automobile ne peut pas démarrer en cinquième vitesse. Il faut partir en première et au moment opportun, passer la seconde, puis la troisième, et ainsi de suite …

Et si nous avons tellement peur de caler que nous ne passons jamais la seconde …

On est bien dans notre petit groupe, c’est sympathique.

Et puis personne ne vient nous ennuyer. Nous ne risquons pas d’introduire des loups dans la bergerie. De plus on ne peut pas nous accuser de faire du prosélytisme, vu que nous ne faisons pas d’évangélisation.

Démarrez avec un petit noyau présente des avantages, mais s’entêter à rester un petit noyau entraîne bien des problèmes. On s’observe, on focalise sur les défauts de l’autre, on ne se supporte plus.

Je connais sur ma tournée de facteur une maison habitée par un couple âgé. Il n’y a pas de boîte aux lettres, mais la porte est toujours ouverte et je dépose le courrier sur la table. Sur cette table, j’ai aussi découvert de quoi donner un infarctus à Brigitte Bardot : Deux énormes poissons dans un minuscule bocal. Les petits poissons rouges engraissés aux daphnies ont grossi, mais leur espace vital n’a pas suivi l’évolution.

Pourvu que notre église ne ressemble jamais à cet aquarium, ou que le Seigneur me reprenne avant de le voir !

Chassons les Cananéens

Le pays aurait du être nettoyé des peuples de Canaan avant l’installation du peuple de Dieu, non pas par simple xénophobie mais parce que ces peuples qui offraient à leurs idoles des sacrifices humains risquaient d’initier les israélites à leurs pratiques monstrueuses. Ce qui s’est d’ailleurs produit, à maintes reprises, dans leur histoire.

Qui sont ses Cananéens qui menacent d’arrêter l’Eglise, une fois celle - ci en marche ?

D’abord la suffisance :

Nous avons accompli notre mission, nous avons atteint notre objectif.

- Quel objectif ?

- Nous avons un local de cinquante places et le dimanche, toutes les chaises sont occupées. S’il arrivait encore du monde, nous ne saurions plus ou le mettre.

Lorsqu’il a commencé son ministère, le revivaliste coréen Paul Yonggy Cho a pris le tube de rouge à lèvres de sa femme, et il a tracé un 5 sur le miroir de la salle de bain.

« Pourquoi as - tu écrit 5 sur le miroir avec mon rouge à lèvres ?

- C’est mon objectif : Chaque fois que je me rase le matin, je me rappellerai qu’il me faut cinq conversions. »

Et quand il a atteint son objectif, Yonggy Cho a efface son 5, et il a tracé un 10, puis 20, puis 50 …

A partir de 500 000, la courbe a commencé à se sstabiliser, mais avouez que 500 000 âmes gagnées à Christ, ce n’est tout de même pas mal !

Le Seigneur Jésus nous a fixé un objectif :

Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait.

MATTHIEU 5.48

En plaçant la barre aussi haut, Jésus sait très bien que personne ici - bas n’atteindra le but.

Si nous avons une église de cinquante membres, il faudrait en théorie construire une salle de cent places. La vue des chaises vides à chaque culte nous rappellerait que le but est encore bien éloigné.

La baisse de consécration et de vigilance

Quand nous ouvrons une œuvre nouvelle, l’immensité du travail à accomplir est évidente, puisque rien n’est fait. Tout le monde se mobilise. Lorsque l’église locale est bien implantée, on perd la notion de l’urgence. On a suffisamment travaillé, on a bien le droit de souffler un peu.

Et c’est pratique, quand les hasards de la mobilité nous conduisent dans une ville qui possède une église établie. Il n’y a plus qu’à s’asseoir.

Avez - vous d’ailleurs remarqué que la distance entre l’église mère et l’église fille est toujours plus longue qu’entre l’église fille et l’église mère ?

« On aimerait bien venir vous encourager, mais tout de même, c’est loin ! »

Quand on a le sentiment que les moments les plus difficiles sont derrière nous, il est naturel de baisser un peu la garde. L’ennemi profite naturellement de cette baisse de vigilance pour attaquer. En ce qui concerne les moyens, il ne fait pas preuve d’une grande inventivité.

  • Orgueil du responsable spirituel :

« J’ai bâti mon église tout seul. »

  • Formation de clans :

« Moi j’aime mieux quand c’est Dédé qui prêche. »

  • Introduction de fausses doctrines :

« Dieu a- t- il réellement dit ? »

Le manque de vision géographique

Ne limitons pas notre vision à notre quartier.

J’ai tenu à ce que notre association ne s’appelle pas « Eglise évangélique de Châteaudun ». Elle s’est d’abord intitulée « Mission Evangélique de la Vallée du Loir », puis « Mission Protestante Evangélique du Loir et du perche ». Ainsi nous manifestons notre volonté de ne pas restreindre notre vision aux limites administratives de notre commune.

Voici ma vision de la croissance de l’Eglise pour la France : Je veux y voir autant d’églises que de bistrots.

Ce point de vue ne correspond malheureusement pas à la vision française : On ne veut pas de clocher à moins de cinquante kilomètres du notre ; ça nous fait de l’ombre.

Faut - il alors s’étonner que les américains qualifient la France de « cimetière de missionnaires » ? Faut - il s’étonner que le terrain soit si dur ?

En France, ce n’est pas le terrain qui est dur, c’est le cœur des chrétiens.

Que nous soyons à l’œuvre dans une implantation d’église (défricher la forêt) ou dans une église établie (chasser les cananéens), il est nécessaire d’avoir une bonne vision et surtout de la conserver.

J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi. Désormais, la couronne de justice m’est réservée ; le Seigneur, le juste juge, me la donnera dans ce jour–là, et non seulement à moi, mais encore à tous ceux qui auront aimé son avènement.

2 TIMOTHEE 4.7/8

 

 

Par Lilianof - Publié dans : VISION SANS DIVISION
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Jeudi 6 mars 2008

Plusieurs de ses disciples, après l'avoir entendu, dirent: Cette parole est dure; qui peut l'écouter? Jésus, sachant en lui-même que ses disciples murmuraient à ce sujet, leur dit: Cela vous scandalise-t-il? Et si vous voyez le Fils de l'homme monter où il était auparavant?... C'est l'Esprit qui vivifie; la chair ne sert à rien. Les paroles que je vous ai dites sont Esprit et vie. Mais il en est parmi vous quelques-uns qui ne croient point. Car Jésus savait dès le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient point, et qui était celui qui le livrerait. Et il ajouta: C'est pourquoi je vous ai dit que nul ne peut venir à moi, si cela ne lui a été donné par le Père. Dès ce moment, plusieurs de ses disciples se retirèrent, et ils n'allèrent plus avec lui.

Jean 6:60/66

Imaginez un court instant, mon cher frère, que vous soyez nommé pasteur et qu’on vous confie la charge d’un église. Vous dirigez donc votre premier culte face à un auditoire de quatre - vingt - deux personnes, mais le dimanche suivant, vous n’en avez plus que douze devant vous. Vous ne manquerez pas de vous étonner et de demander : « Où est passé le reste de l’assemblée ? Est - ce qu’il y a une épidémie de grippe ? »

Quelqu’un vous répondra : « Ce n’est pas cela, Frère : ils n’ont pas aimé votre message de dimanche dernier et ils ont dit qu’ils ne reviendront plus, tant que vous tiendrez cette chaire. »

Vous vous sentirez brusquement très mal à l’aise dans vos souliers, et vous serez envahi d’un sentiment de culpabilité et de remords, et vous demanderez pardon au Seigneur parce que vous avez écarté soixante - dix âmes de la voie du salut…

Rassurez - vous : Notre Seigneur Jésus - Christ a vécu la même situation, mais il ne s’en est pas culpabilisé le moins du monde.

Comment garder un auditoire favorable

Jésus, en effet, s’est exprimé devant ses apôtres et ses disciples, ainsi qu’une nombreuse foule de sympathisants. Mais à la suite de son discours, la foule se retira et la plupart des disciples dirent : « cette parole est dure, qui peut l’écouter ? » (vs 60).

Jésus reprit la parole, et l’on était en droit de s’attendre à ce qu’il arrondisse les angles afin de calmer le malaise. Mais à la suite de son intervention, la rupture fut brutale, et ses disciples mécontents le quittèrent. (vs 66).

Il ne restait auprès de Jésus que les douze apôtres à qui il posa cette question :

Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller? (verset 67)

Pierre, inspiré par le Saint - Esprit, répondit :

Seigneur, à qui irions-nous? Tu as les paroles de la vie éternelle. (verset 68)

A vues humaines, le Seigneur Jésus a été très maladroit. Si cet incident s’ébruite, aucun pasteur n’invitera Jésus à prêcher chez lui : « Je ne tiens pas à ce qu’il me vide mon Eglise, j’ai eu suffisamment de mal à la remplir ! »

Il existe des centaines de méthodes pour remplir une salle, ou du moins pour l’empêcher de se vider. Jésus aurait pu les utiliser : Employer un langage politicien qui ménagerait la chèvre et le choux. Eviter de dire aux chrétiens des vérités qui pourraient les offenser, leur dire plutôt ce qu’ils aiment entendre : que Dieu les aime, qu’il veut les bénir, qu’un puissant réveil arrive au grand galop, qu’une fois qu’ils sont sauvés, ils ne pêchent plus, même s’ils continuent à se conduire comme des païens. Jésus n’aurait jamais du dire à ceux qui veulent le suivre qu’ils doivent renoncer à eux - même, et se charger de leur croix. Cet Evangile était bon pour nos grands - mères. Tout cela est périmé.

Les chrétiens du réveil s’étaient libérés de la loi de Moïse pour se soumettre à la loi de Christ. Faudrait - il dire aux chrétiens d’aujourd’hui qu’ils sont libérés à la fois de la loi de Moïse et de la loi de Christ. Une telle théologie maintiendrait sans doute un auditoire dynamique sur les bancs de l’Eglise.

L’apôtre Paul nous a bien prévenus lorsqu’il dit à Timothée :

Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine; mais, ayant la démangeaison d'entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l'oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables.

2 TIMOTHEE 4:3/4

C’est pour se rendre agréables que certains évangélistes ont choisi de prêcher la théologie de l’opulence.

Cette recette née aux Etats - Unis présente Dieu comme un Père - Noël. « Que voulez - vous trouver dans vos petits souliers ? Une Ferrari ? Un yacht ? Une villa à Saint - Tropez ? Un neuf pièces avenue Foch ? Eh bien ! Convertissez - vous, et le Seigneur comblera tous vos désirs. » Une telle prédication est une insulte lancée à la face des martyrs, de ceux qui, plutôt que renier leur Dieu, se sont résignés à supporter la confiscation de leurs biens, la perte de leur liberté et de leurs vies.

A ce même Timothée, Paul, qui aime Dieu et la vérité par-dessus tout, prodigue ce conseil :

Prêche la parole, insiste en toute occasion, favorable ou non, reprends, censure, exhorte, avec toute douceur et en instruisant.

2 TIMOTHEE 4:2

« Cette parole est dure. »

« Cette parole est dure ! » S'écrient les disciples désappointés. Mais de quelle parole s’agit - il ? Résumons ce long chapitre 6 :

La foule suivait Jésus parce qu’elle venait d’assister à un grand miracle, et qui plus était, un miracle alimentaire. Ceux - là aussi échafaudaient déjà leur théologie de l’opulence.

Sur la base de cet événement, Jésus va leur donner un enseignement :

« Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et vous même avez été rassasiés par les pains que j’ai multipliés. Mais maintenant, j’ai un autre pain à vous donner, celui - ci ne rassit pas et vous pourrez l’emporter même dans l’éternité » (versets 26/27, citation substantielle).

Les auditeurs avaient les yeux rivés sur les lèvres de Jésus : quel produit miracle allait - il maintenant nous fournir ?

Le Seigneur prononce alors son célèbre discours sur le pain de vie :

Car je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. Or, la volonté de celui qui m'a envoyé, c'est que je ne perde aucun de tous ceux qu'il m'a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour. La volonté de mon Père, c'est que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle; et je le ressusciterai au dernier jour.

JEAN 6:38/40

Comme le Père qui est vivant m'a envoyé, et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra par moi. C'est ici le pain qui est descendu du ciel. Il n'en est pas comme de vos pères qui ont mangé la manne et qui sont morts: celui qui mange ce pain vivra éternellement.

JEAN 6:57/58

Ceux qui l’ont suivi sont maintenant très déçus. Ils ont vite compris que le pain de vie dont parlait Jésus ne se mangeait pas. « Voilà donc où il venait en venir : la vie éternelle ! J’aurai du me douter que c’était un attrape - nigaud. On ne multiplie pas les pains comme ça sans raison. La vie éternelle, ça ne m’intéresse pas. Quand on est mort, on est bien mort ! »

Cette parole n’était pas humaine. C’était une parole du Christ, inspirée du Dieu vivant. Dès ce moment, elle va commencer son oeuvre : le miracle a rassemblé les hommes, mais la parole de Dieu va les séparer. Si nous prêchons de nos chaires un discours politique ou philosophique, nous allons rassembler les hommes, mais si nous prêchons la parole inspirée de Dieu. Nous allons les diviser.

Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu'une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu'à partager âme et esprit, jointures et moelles; elle juge les sentiments et les pensées du coeur.

HEBREUX 4:12

Cette parole est une épée, nous pourrions dire un bistouri. Elle va opérer chirurgicalement le coeur et la chair de l’homme. Elle séparera la vérité du mensonge. Elle séparera l’amour de Dieu de l’amour du monde. Elle séparera la sincérité de l’hypocrisie. Elle séparera la sainteté de l’impiété. Elle séparera la chair de l’Esprit. Elle séparera la foi de l’incrédulité. Elle séparera la piété de la débauche. Elle mettra en évidence les motivations profondes : Pourquoi veux - tu suivre Jésus ? Parce que tu es pécheur et que tu veux être sauvé ? Parce que tu l’aimes et que tu désires le servir ? Ou est - ce parce que tu veux te servir de lui ? En prêchant la parole, nous mettons l’âme du pécheur à nu.

Jésus n’a pas voulu tromper ses disciples en leur promettant la facilité et les honneurs.

Il ne leur a pas caché la vérité.

Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge chaque jour de sa croix, et qu'il me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la sauvera. Et que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s'il se détruisait ou se perdait lui-même? Car quiconque aura honte de moi et de mes paroles, le Fils de l'homme aura honte de lui, quand il viendra dans sa gloire, et dans celle du Père et des saints anges.

LUC 9:23/26

Mais, avant tout cela, on mettra la main sur vous, et l'on vous persécutera; on vous livrera aux synagogues, on vous jettera en prison, on vous mènera devant des rois et devant des gouverneurs, à cause de mon nom. Cela vous arrivera pour que vous serviez de témoignage. Mettez-vous donc dans l'esprit de ne pas préméditer votre défense; car je vous donnerai des paroles et une sagesse telles que vos adversaires ne pourront leur résister ou les contredire. Vous serez livrés même par vos parents, par vos frères, par vos proches et par vos amis, et ils feront mourir plusieurs d'entre vous. Vous serez haïs de tous, à cause de mon nom. Mais il ne se perdra pas un de vos cheveux; par votre persévérance vous sauverez vos âmes.

LUC 21:12/19

Josué fit un jour une mission d’évangélisation tout à fait remarquable. Au terme de la mission, il a fait un appel :

Maintenant, craignez l'Eternel, et servez-le avec intégrité et fidélité. Faites disparaître les dieux qu'ont servis vos pères de l'autre côté du fleuve et en Egypte, et servez l'Eternel. Et si vous ne trouvez pas bon de servir l'Eternel, choisissez aujourd'hui qui vous voulez servir, ou les dieux que servaient vos pères au-delà du fleuve, ou les dieux des Amoréens dans le pays desquels vous habitez. Moi et ma maison, nous servirons l'Eternel.

JOSUE 24:14/15

Le succès fut total : tout le peuple se leva d’une seule âme : « Nous voulons abandonner nos idoles et donner notre coeur à l’Eternel. » Oseriez vous imaginer un évangéliste, dire à tous ceux qui se sont levés : « Vous pouvez vous rasseoir, vous avez répondu à l’appel pour me faire plaisir mais vous ne serez pas capable de marcher une semaine avec Dieu ! » Car c’est bien, en substance, ce que Josué leur a dit :

Vous n'aurez pas la force de servir l'Eternel, car c'est un Dieu saint, c'est un Dieu jaloux; il ne pardonnera point vos transgressions et vos péchés. Lorsque vous abandonnerez l'Eternel et que vous servirez des dieux étrangers, il reviendra vous faire du mal, et il vous consumera après vous avoir fait du bien.

JOSUE 24:19/20

Josué a eu le courage de leur dire : « Faites bien attention : on ne s’engage pas pour Dieu à la légère. Si vous voulez vraiment vous convertir, il faudra lui obéir, renoncer à vos passions et abandonner vos idoles, marcher en nouveauté de vie, vous devrez vivre pour lui. »

Et le peuple répondit : « Nous avons très bien compris cela; mais nous voulons le servir et marcher avec lui jusqu’au bout. » (versets 21/24, citation substantielle)

« ne Voulez - vous pas aussi vous en aller ? »

Après cette dure parole du Seigneur, l’agitation a gagné la foule qui se dispersa. Devons nous nous inquiéter si la pure prédication de l’Evangile sème le trouble dans le monde et recueille sa réprobation ?

Mais nous voyons cette même parole semer aussi la dispersion parmi les disciples de Christ. Voilà qui nous interpelle. J’appartiens à l’Eglise du Seigneur. Est - ce que j’accepte d’obéir à sa parole parce que je crois qu’elle est la vérité ? Mettrai- je au contraire le drapeau de la foi en berne ? Est -ce que je considère mon confort et mes plaisirs plus pressants que ma consécration à Christ ? Est - ce que je dois imposer des limites au Seigneur ? Est - ce que dans ma Bible, il y a à prendre ou à laisser selon le goût de chacun ?

Celui ou celle qui d’engage dans les eaux du baptême à t’il été bien informé du sérieux de son engagement. Lui a - t - on bien expliqué qu’il mourrait à lui - même pour devenir une nouvelle création.

Un jour où l’autre, le Seigneur Jésus nous posera cette question : « Ne veux - tu pas toi aussi t’en aller ? »

Si nous avons été préparés à suivre Christ en écoutant sa parole, nous n’hésiterons pas à lui répondre :

Seigneur, à qui irions-nous? Tu as les paroles de la vie éternelle. Et nous avons cru et nous avons connu que tu es le Christ, le Saint de Dieu.

JEAN 6:68/69

C’est l’Esprit qui vivifie

C’est ce que l’apôtre Pierre a répondu, animé par l’Esprit de Dieu. Jésus lui-même l’affirme quand une autre fois, il confesse : « Tu es le Christ ! »

Et vous, leur dit-il, qui dites-vous que je suis? Simon Pierre répondit: Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Jésus, reprenant la parole, lui dit: Tu es heureux, Simon, fils de Jonas; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais c'est mon Père qui est dans les cieux.

MATTHIEU 16:15/17

Pierre a donc choisi de marcher par l’Esprit, de croire par l’Esprit; mais ceux qui ont choisi de marcher par la chair n’ont pas pu supporter la parole de Christ. Elle est trop dure pour eux. C’est pourquoi Jésus peut proclamer :

C'est l'Esprit qui vivifie; la chair ne sert à rien. Les paroles que je vous ai dites sont Esprit et vie. (verset 63)

Christ est le pain de vie, ainsi qu’il nous l’a enseigné, la vie qui est en lui nous est transmise par son Saint - Esprit. Il a placé chacun devant un choix :

Choisis entre la vie et la mort :

J'en prends aujourd'hui à témoin contre vous le ciel et la terre: j'ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité, pour aimer l'Eternel, ton Dieu, pour obéir à sa voix, et pour t'attacher à lui: car de cela dépendent ta vie et la prolongation de tes jours, et c'est ainsi que tu pourras demeurer dans le pays que l'Eternel a juré de donner à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob.

DEUTERONOME 30:19/20

Choisis entre la chair et l’Esprit :

Jésus répondit: En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d'eau et d'Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l'Esprit est Esprit. Ne t'étonne pas que je t'aie dit: Il faut que vous naissiez de nouveau. Le vent souffle où il veut, et tu en entends le bruit; mais tu ne sais d'où il vient, ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né de l'Esprit.

JEAN 3:5/8

Choisis entre les désirs de la chair et la parole de Dieu :

Celui qui ne m'aime pas ne garde point mes paroles. Et la parole que vous entendez n'est pas de moi, mais du Père qui m'a envoyé. Je vous ai dit ces choses pendant que je demeure avec vous. Mais le consolateur, l'Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit.

JEAN 14:24/26

Ayant purifié vos âmes en obéissant à la vérité pour avoir un amour fraternel sincère, aimez-vous ardemment les uns les autres, de tout votre coeur, puisque vous avez été régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la parole vivante et permanente de Dieu. Car Toute chair est comme l'herbe, Et toute sa gloire comme la fleur de l'herbe. L'herbe sèche, et la fleur tombe; Mais la parole du Seigneur demeure éternellement. Et cette parole est celle qui vous a été annoncée par l'Evangile.

1 PIERRE 1:22/25

Sur les cinq mille hommes, plus les femmes et les enfants, qui ont bénéficié de la multiplication des pains, seul douze ont fait le bon choix.

C’est pourtant dans l’obéissance à la parole que nous trouverons l’épanouissement de la vie, tant pour notre église que pour nous mêmes.

 

Par Lilianof - Publié dans : VISION SANS DIVISION
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