Scène V
MANSINQUE - LYNDA - FABIEN - FABIENNE - MAMADOU - MOHAMMED - YAKOUBA - MOUSSA - VALERIE - AÏCHA - JULIEN - ELVIRE - ISSOUVREZ -
LES CRS
Le vent est de plus en plus violent jusqu’à la fin de la scène.
MAMADOU - MOHAMMED (ensemble)
Paul Yssouvrez !
YSSOUVREZ
Surpris de me voir, les cailles - rats !
FABIENNE
Nous aussi on est surpris, le kangourou dégénéré !
MANSINQUE
L’Eure - et - Loir ne fait pas partie du dix - huitième arrondissement, autant que je sache.
YSSOUVREZ
Exact. Vous n’êtes pas dans ma juridiction. Mais qu’à cela ne tienne. J’ai des relations très élevées, vous le savez. C’est la raison pour laquelle je suis Commissaire Divisionnaire malgré mes piètres résultats scolaires. Et comme je tenais absolument à l’exclusivité de votre arrestation, je me suis arrangé avec Nénesse qui m’a procuré une dérogation.
FABIEN
Nénesse ?
YSSOUVREZ
En personne.
CRS 1
On est venu pourquoi, nous ?
CRS 2
Un groupe terroriste.
CRS 3
Ah bon ! Je croyais que c’était un réseau de trafic d’héroïne.
CRS 4
Mais pas du tout ! Ce sont des sans papiers à expulser. C’est la priorité de la République. Une femme et un enfant. Des maliens.
CRS 3
Je comprends qu’on nous envoie si nombreux et si bien armés.
YSSOUVREZ
Quelle pêche miraculeuse ! Toute une brochette de malfaiteurs réunie dans ce trou à rats. Quelle prise ! Je serai bientôt Ministre de l’Intérieur, en attendant mieux !
FABIENNE
Ne pavoise pas trop vite, gerboise d’Egypte.
YSSOUVREZ
Mamadou Djembé, trafiquant, receleur ; Mohammed Bendjellabah, trafiquant de stupéfiants. Depuis le temps que je retourne la terre entière pour vous trouver, vous voilà enfin à ma merci. Et vous, les noircicots en cavale ! Vous irez cavaler dans le désert.
MOHAMMED
Nous sommes fichus.
MAMADOU
Fichus de chez fichus.
LYNDA
Faites moi confiance, et surtout, faites Lui confiance.
YSSOUVREZ
Et qui es cette sauterelle qui se paie ma tête en silence depuis le début ?
LYNDA
Je pas comprends. Vinir Boulgaria, chercher travail.
YSSOUVREZ
Vous comprendrez bien assez tôt ce qui vous arrive, croyez - moi. Vous êtes la complice de ces malfrats. Vous passerez votre belle jeunesse en prison. Quand vous en sortirez, vous serez une vielle mémère toute décatie. Pareil pour vous deux : la honte de la police. Vous allez prendre perpète, les amoureux. On vous mariera à la Santé. Ça vous amuse, Mansinque, vous qui avez osé héberger des criminels dans votre bicoque.
FABIENNE
Yssouvrez, nous ne sommes que des pieuvres, mais vous, vous êtres un encornet que je vais faire frire.
YSSOUVREZ
Ah oui ? Assez ri, assez discuté. Rendez - vous.
LYNDA
Non.
YSSOUVREZ
Ne nous obligez pas à utiliser la force.
LYNDA
Messieurs, j’ai entre les mains une arme plus puissante que vos pistolets mitrailleurs.
(Elle montre sa Bible.)
CRS 1
Qu’est ce que cette que cette folle ?
CRS 2
On est tombé dans une secte.
CRS 3
On n’a jamais été formé pour ça.
CRS 4
Qu’est - ce qui va nous arriver ?
YSSOUVREZ
Tirez une rafale au dessus de sa tête. Ça va la dépeigner, cette fissurée du bocal.
CRS 1 (Il tire, son arme s’enraye.)
Saloperie de mécanique française !
LYNDA
« Je tournerai ma face contre vous, et vous serez battus devant vos ennemis ; ceux qui vous haïssent domineront sur vous, et vous fuirez sans que l’on vous poursuive. »
CRS 1
Qu’est - ce que c’est encore que ce charabia ?
CRS 2
C’est une sorcière. Elle fait des incantations.
YSSOUVREZ
Cette fille est une terroriste. Elle travaille pour les ayatollahs. Tirez ! Tirez ! Tirez !
(Les CRS tirent. Aucune arme ne fonctionne.)
CRS 2
Saloperie de cochonnerie de mécanique à la noix !
LYNDA
« Je rendrai pusillanime le cœur de ceux d’entre vous qui survivront, dans les pays de leurs ennemis ; le bruit d’une feuille agitée les poursuivra ; ils fuiront comme on fuit devant l’épée, et ils tomberont sans qu’on les poursuive. Ils se renverseront les uns sur les autres comme devant l’épée, sans qu’on les poursuive. Vous ne subsisterez point en présence de vos ennemis. »
CRS 3
Elle appelle une armée de démons à son secours.
CRS 4
Ils vont nous pulvériser.
CRS 1
Ils vont nous entraîner dans les profondeurs infernales.
LYNDA
Lévitique, chapitre 26, versets 17, 36 et 37.
YSSOUVREZ
Saisissez - la. Menottez - la.
(Le vent fait claquer une porte.)
CRS 2
C’est le diable !
LES CRS
Au secours !
(Les CRS s’enfuient. Le vent se calme.)
YSSOUVREZ
Mais ce n’est pas possible, ça ! Je délire ! J’hallucine ! Je cauchemarde ! Revenez ! Revenez, bande de pleutres. Je vais vous taper un rapport sanglant !
LYNDA
Alors, monsieur le futur Premier Ministre. Vous voici seul, face à une dangereuse criminelle.
YSSOUVREZ
Comment avez-vous fait.
LYNDA
Je vous avais prévenu : Je possède une arme redoutable.
YSSOUVREZ
Avec votre gros bouquin, vous avez mis en fuite une compagnie de C.R.S. en armes.
LYNDA
Je vous conseille de courir aussi vite que vos copains, avant que je me mette en colère.
YSSOUVREZ
Vous avez ridiculisé les forces de l’ordre. Vous m’avez humilié. Mais je me vengerai. Je vous retrouverai, je vous anéantirai.
LYNDA
Salutations à votre ami Nénesse.
(Sort Yssouvrez)
Scène VI
MANSINQUE - LYNDA - FABIEN - FABIENNE - MAMADOU - MOHAMMED - YAKOUBA - MOUSSA - VALERIE - AÏCHA - JULIEN - ELVIRE
MOHAMMED
Tu nous avais habitués à quelques happenings, mais là vraiment, tu nous coupes le souffle.
MAMADOU
Nous sommes époustouflés.
VALERIE
Quelqu’un pourrait - il nous expliquer ce qui s’est passé ?
LINDA
Ne vous ai - je pas déjà dit qu’un grain de mil peut soulever des montagnes ?
AÏCHA
Pourvu que ce grain soit rempli de foi.
MOUSSA
Dis, Lynda.
LINDA
Oui mon enfant.
MOUSSA
Est - ce que c’est le diable qui a claqué la porte ?
LINDA
Non, Moussa, c’est un courant d’air.
MOUSSA
Alors pourquoi ont - ils eu si peur ?
LINDA
« Je rendrai le cœur de tes ennemis lâche au point qu’ils s’enfuient au bruit d’une feuille agitée par le vent, » ou au bruit d’une porte qui claque. C’est Dieu qui a donné ces paroles. Il suffisait d’y croire.
FABIEN
Lorsque tu a cité ce texte et qu’ils ont cru que tu invoquais le diantre, était - ce de la magie ?
LINDA
Non, c’était de la foi.
VALERIE
Décidément, Lynda, je n’arrive plus à te suivre.
FABIENNE
Moi non plus.
AÏCHA
En tout cas, tu nous as donné une sérieuse leçon. Placez votre confiance en Dieu, et le miracle s’accomplira.
MANSINQUE
La foi c’est très beau, mais les anges sont au ciel et nous sur la terre. Comment Yssouvrez a - t’il pu débarquer ainsi ? Qui l’a averti de notre présence et de notre secret ?
FABIENNE
Des voisins nous auraient dénoncés.
MANSINQUE
Nous n’avons pas de voisins. Personne ne nous a vu venir.
AÏCHA
Alors l’un des nôtres a trahi.
FABIEN
Qui ? Et pourquoi ?
LINDA
Nous allons bientôt le savoir.
(Linda regarde en face chaque membre de l’assistance. Quand vient le tour d’Elvire, celle - ci perd contenance.)
Lève les yeux, Elvire. Aurais - tu peur d’affronter mon regard ?
ELVIRE
Non, ce n’est pas …
LINDA
Regarde moi dans les yeux et dis moi d’une voix haute et intelligible : « Ce n’est pas moi. »
ELVIRE
Ce n’est pas moi.
LINDA
Dis - le avec plus d’assurance, et regarde - moi en face.
ELVIRE
Arrête, je t’en pris. Tu me fais revivre des moments insupportables. Je revois tes ongles dans mes cauchemars.
LINDA
Pourquoi ?
ELVIRE
Parce que je te hais, Lynda, je te hais.
LINDA
Comme tu me fais mal ! Moi je t’aimais. Tu m’as trahie, tu m’as poignardée. J’en ai tant souffert. Mais j’ai su pardonner. Aujourd’hui tu reviens, tu me trahis par un baiser, comme Judas. Tu me poignardes à nouveau. C’est moi qui aurais de bonnes raisons de te haïr.
ELVIRE
Tu ne comprends donc pas ! Faut - il que tu sois naïve ! Je me suis servie de toi quand tu étais dans l’abondance, je t’ai méprisée quand tu étais dans la misère. Maintenant que tu relèves la tête je ne puis que te haïr. Je te hais parce que tu possèdes ce que je désire : la beauté, l’intelligence, mais surtout, la richesse, le succès et la gloire. Je te hais parce que Julien t’a aimée avant moi. Je te hais parce que je te hais.
LINDA
Quelle folie ! Pauvre Elvire ! Quand je pense que j’ai vraiment cru à notre réconciliation. Je ne suis décidément qu’une ravissante idiote.
ELVIRE
Laisse - moi partir maintenant.
LINDA
Pas encore. J’ai une question à te poser : Comment m’as - tu suivie jusqu’ici ?
ELVIRE
Ma pauvre amie ! Quand on est une célébrité comme toi, on ne peut pas se cacher, même avec une perruque ridicule et un français brisé. Tu ne lis donc jamais les journaux ? Tu ne lis pas France - Dimanche ? C’est trop compliqué pour toi ?
LINDA
Non. J’aurais dû ?
ELVIRE
Tu aurais appris tout ce qu’on dit sur toi.
LINDA
Et que dit cette vénérable presse à mon sujet ?
ELVIRE
Lis - moi ça, pauvre cloche ! .J’en ai gardé un en souvenir.
(Elle lui tend un journal.)
LINDA
« Les nouvelles frasques de Lynda. »
Parce que j’ai aussi de vieilles frasques ?
ELVIRE
Lis !
LINDA
« Sous la fausse identité d’une réfugiée bulgare, Lynda de Syldurie, la ravissante idiote subitement propulsée dans le Gotha balkanique hante à présent les quartiers chauds de Paris. »
ELVIRE
Ils ne te font pas de cadeaux, hein ! Cassée, ma Lynda.
LINDA
Comme ils ont d’imagination ! Me voici promue baronne de la mafia parisienne. Je comprends que cette littérature ait élevé ton esprit à un si haut niveau moral.
ELVIRE
Tu peux toujours ironiser ! Quand on a traîné son manteau royal dans la boue des bas - quartiers !
LINDA
Mais je rêve ! C’est signé C.D.G. Mon vieux copain Cyril.
ELVIRE
Il a fait son chemin dans la hiérarchie journalistique.
Ayant donc appris que tu te planquais à nouveau du côté de Barbès - Rochechouart, chère Lynda, je me suis mis à écumer le quartier. J’ai pris mes renseignements. Je suis allé manger dans ton restaurant préféré : Le Palais de Shanghai de Hong - Kong de la Cité Interdite. Je dois reconnaître que tu m’avais habituée à mieux. Enfin ! J’ai cuisiné le vieux chinois, c’est tout de même un comble. Je me suis fait passer pour ton amie. D’ailleurs je n’ai pas menti : je suis ta meilleure amie. J’ai joué à la foi de ma séduction de ma persuasion et de ma perversion. Il a fini par me donner ta nouvelle adresse. Et me voilà débarquée comme une jolie fleur dans ta cambrousse, non sans avoir averti ton cher ami Paul Yssouvrez.
FABIENNE
Laisse - moi lui servir une bonne raclée, cadeau de la maison.
ELVIRE
Non ! Ne m’approchez pas !
LINDA
Laisse - la. Elle serait déjà morte si je n’étais pas devenue un disciple du Christ.
FABIENNE
Moi j’ai encore beaucoup de progrès à faire dans la vie chrétienne. Mes poings ne sont pas encore convertis.
LINDA
Encore une question, Elvire : Comment se fait - il que notre ami commun, Yssouvrez, soit arrivé avec toute une armée, comme s’il s’attendait à trouver Ben Laden en personne ?
ELVIRE
Je lui ai brossé un magnifique portrait de toi,et j’ai quelque peu exagéré la dangerosité de ta personne.
LINDA
J’ai bien envie de laisser Fabienne te corriger le tien, de portrait. Allez, va - t - en avant que je me déconvertisse.
(Elvire sort précipitamment.)
Scène VII
MANSINQUE - LYNDA - FABIEN - FABIENNE - MAMADOU - MOHAMMED - YAKOUBA - MOUSSA - VALERIE - AÏCHA - JULIEN
LYNDA
Tu ne vas pas rejoindre ta fiancée, Julien ?
JULIEN
J’aimerais pouvoir me transformer en cloporte, pour que tu puisses m’écraser sous ton pied. J’ai trop honte ! Je te supplie de me croire : Jamais Elvire ne ma parlé de son infâme projet. Elle m’a séduit et elle m’a trompé. Et j’ai servi ses plans en toute candeur.
LYNDA
Tu ne dois pas avoir honte. Elle m’a déjà trompée deux fois et je ne suis par fière de moi.
JULIEN
Je n’épouserai pas Elvire. Laissons - la courir où elle veut. Ma blessure est profonde, mais tu sauras m’aider à en guérir.
LYNDA
Voilà une bonne décision. Maintenant pensons à l’avenir. Nous avons mis l’ennemi en déroute, mais nous ne l’avons pas détruit. Ils vont rapidement se ressaisir et attaquer de nouveau.
FABIENNE
Où est le problème ? Tu vas ressortir un petit miracle de ta poche et nous serons définitivement débarrassés de ces cocos - là.
LYNDA
Si le miracle devenait une habitude, il n’aurait plus rien de miraculeux.
Nos vacances dans la Terre de Zola auront été bien courtes. Reprenons nos bagages et partons.
FABIEN
Partons ? Pour aller où ?
LYNDA
Pour aller où ? Mais en Syldurie, bien sûr !
FABIEN
En Syldurie ?
LYNDA
Et pourquoi pas en Syldurie ? C’est un très beau pays qui, de plus, s’est engagé résolument sur la voie de la démocratie.
FABIENNE
Mais comment nous y rendre ?
LYNDA
J’ai prévu un plan d’urgence. Un avion nous attend à l’aérodrome de Vendôme. Il ne faut pas perdre de temps.
Yakouba et Moussa, la France ne veut pas de vous, mon pays vous accueillera.
YAKOUBA
Nous te suivons.
MOUSSA
Chouette !
LYNDA
Mohammed et Mamadou. Il est temps pour vous de prendre votre décision.
MOHAMMED
Nous préférons tomber entre tes mains que dans celles de ce paranoïaque. Considère nous comme tes prisonniers.
MAMADOU
J’espère que tu viendras nous porter des oranges.
LYNDA
Je ne manquerai pas à ce devoir. « J’étais en prison et vous m’avez visité. »
Commissaire, vous voici grillé, maintenant, et par ma faute.
MANSINQUE
Je ne connais plus personne ici. Autant passer ma retraite avec mes nouveaux amis.
LYNDA
Valérie ?
VALERIE
Je pars avec toi, et je m’appuie sur ton aide pour retrouver Youssouf.
LYNDA
J’en fais une affaire d’honneur.
MOUSSA
Chouette !
LYNDA
Et toi, ma chère Aïcha.
AÏCHA
Les jeunes m’attendent, je ne veux pas les abandonner à leurs problèmes. Il semble que notre cher divisionnaire ait été aveuglé d’une certaine manière et n’ait pas même remarqué ma présence. Je te remercie pour ta gentillesse, mais je vais repartir pour Paris.
LYNDA
Nous regretterons ton absence, mais j’espère que tu nous rendras visite.
AÏCHA
Bien entendu ! J’ai choisi la destination de mes prochaines vacances. Mais il y a un petit détail qui me chagrine.
LYNDA
Lequel ?
AÏCHA
Eh bien ! Vous êtes tous devenus chrétiens, ou en passe de le devenir,et moi je n’ai pas fait le même choix. Je crains de jouer un canard dans votre bel orchestre.
LYNDA
Il y a des bémols qui illuminent toute la symphonie. Sois sans crainte, nous respectons tous tes convictions.
AÏCHA
Je dois néanmoins admettre que votre foi en Jésus - Christ a produit chez chacun d’entre vous des effets remarquables. Mais, comme je vous l’ai déjà dit, je ne puis reconnaître sa divinité. Nous croyons à un Dieu unique, et vous l’affirmez aussi. Mais en pratique, vous adorez le Créateur, auquel vous associez un « fils », Jésus, et l’Esprit saint. Vous dites n’avoir qu’un seul Dieu, mais pour moi, un plus un, plus un, cela ne fait pas un, cela fait trois. Et pourtant, se sont les arabes qui ont presque tout appris aux européens sur les mathématiques.
LYNDA
C’est vrai. Sans le secours de tes ancêtres, nous compterions encore avec des grains de riz. Imagine maintenant que je te présente un certain monsieur Dupont. Il est médecin, maire de son village, et il vient d’être élu député. Si l’on te parle du Docteur Dupont, de Dupont maire, ou du Député Dupont, il s’agit bien de la même personne, pas de trois Dupont. Eh bien Dieu est à la fois Père, Fils et Saint - Esprit. C’est la même personne, mais il exerce plusieurs fonctions. Considère maintenant de l’eau, de la glace et de la vapeur. Nous voyons trois aspects différents, mais c’est toujours de l’eau : H2O.
AÏCHA
Je n’avais pas envisagé la question sous cet angle. Je ne puis prendre position maintenant, mais je te promets d’examiner le problème avec le plus grand sérieux.
LYNDA
Prends tout ton temps.
Et vous, les amoureux,
FABIEN
Nous voulons nous marier en Syldurie. Ce sera beaucoup plus romantique.
JULIEN
Et moi, je vais rester tout seul. Je n’ai vraiment pas de chance avec les filles.
LYNDA
Toi tu pars avec nous, le temps d’oublier ta chipie.
Mais il faut lever le camp maintenant.
(Chacun prend sa valise et se dirige vers la porte.)
FABIENNE
Fabien.
FABIEN
Oui, mon amour.
FABIENNE
Promets - moi que, lorsque nous serons en Syldurie, tu perdras l’habitude de faire les yeux doux à Lynda, sinon je reste ici.
FABIEN
Je ne m’appelle pas Ruy Blas.
RIDEAU
Châteaudun, janvier 2008
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander